Les trois objectifs prioritaires de la conférence intergouvernementale étaient de préparer l’élargissement de l’Union, de la doter d’une Politique étrangère et de sécurité commune (PESC) et enfin d’instaurer une réelle coopération en matière de police et de justice.
Dans la perspective de l’élargissement, la France, mais aussi l’Allemagne souhaitaient une réduction du nombre de commissaires. Actuellement les cinq pays les plus peuplés de l’Union envoient deux représentants à Bruxelles, les autres un.
Pour Paris, il fallait dans un premier temps réduire le nombre de commissaires à 10 ou 12, voire 15, ce qui supposait que tous les pays ne seraient pas représentés. Puis, la France accepta un plafond de vingt commissaires.
«Un commissaire par pays et la perte de son deuxième commissaire, cela la France ne l’acceptera jamais. Ce serait le pire des solutions», disait récemment l’ancien ministre des Affaires européennes Michel Barnier.
«Une voix»
C’est pourtant le cas, puisque le texte final prévoit un commissaire par Etat membre, quel que soit le nombre de pays qui entreront à l’avenir dans l’Union européenne.
Sur la politique étrangère et de sécurité commune, avec l’Allemagne et six autres pays, la France avait proposé la fusion «à terme» de l’Union de l’Europe occidentale (UEO) et de l’Union, avec un calendrier.
Le texte retient finalement «une possible intégration de l’UEO dans l’Union, si l’Union le décide». Enfin, une dernière tentative de fixer une clause de rendez-vous dans cinq ans a été torpillée.
La France souhaitait que l’Europe soit dotée d’une «voix» et d’un «visage», un haut représentant pour sa politique étrangère qui soit une «personnalité politique d’envergure».
Finalement «M Pesc» sera le secrétaire général du Conseil, c’est-à-dire un haut fonctionnaire, ce que Paris refusait.
Sur la coopération en matière de police et de justice, le président Jacques Chirac se montrait réservé à son arrivée au pouvoir. Il s’était ensuite rangé à l’idée de communautariser l’immigration, les visas et le droit d’asile, avec des décisions prises par le vote à la majorité qualifiée.
Mais l’opposition de l’Allemagne, et la nomination au ministère de l’Intérieur de Jean-Pierre Chevènement, opposant farouche au traité de Maastricht, a conduit Paris à se ranger à la règle de l’unanimité.
Au rang des succès obtenus par Paris figurent l’affirmation de la nécessité de coordonner les politiques économiques, la priorité donnée à l’emploi, la situation particulière des Dom-Tom, le rôle des parlements nationaux, la référence au service public et la possibilité de lancer des coopérations renforcées entre les pays qui veulent aller de l’avant.
Mais la France n’est pas la seule qui ait perdu des plumes à Amsterdam. Les grands gagnants de ce sommet sont les Britanniques et les pays qui ne souhaitaient pas de réforme.
«Personne n’a obtenu ce qu’il voulait, sauf ceux qui voulaient que rien ne change», avait prédit Stanley Crossick, président du centre d’études politiques européennes de Bruxelles, quelques heures avant l’ouverture du sommet.


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