Les contre-performances enregistrées par quelques-uns des plus titrés d’entre-eux (David Bowie, Phil Collins, Aerosmith) semblent annoncer la fin de la seconde jeunesse de ces barons, poussés vers la sortie par une nouvelle génération de musiciens qui pourraient être leurs enfants.
Selon les professionnels de l’édition phonographique, les disques sont achetés par les 15-20 ans. Leurs achats se portent donc vers des groupes et chanteurs auxquels ils peuvent s’identifier. Même si les plus curieux d’entre eux se risquent éventuellement à acheter les disques d’artistes recommandés par leurs idole.
C’est ainsi que Oasis n’a jamais hésité à faire mention des Beatles. Les Who n’ont pas trouvé meilleur avocat que Cast, tandis que Kula Shaker renvoie ses jeunes fans au Pink Floyd de Syd Barrett et Lenny Kravitz à Jimi Hendrix.
Les récents concerts parisiens des Who, où rares étaient les spectateurs en dessous de 30 ans, ont illustré cette fracture générationnelle.
Le développement rapide à partir du milieu des années 80 du CD, accompagné par l’arrivée aux commandes du «pouvoir» (dans la publicité, les médias notamment) de la génération du «baby boom», avait accordé une prime sans précédents aux «anciens». La réédition sur support compact de leurs disques, le phénomène des compilations et des «best of», ainsi qu’une généreuse dose de nostalgie ont agi comme une cure de jouvence sur ces vétérans.
Les limites de la
rétromanie
Elton John, David Bowie, les Rolling Stones, Pink Floyd, Phil Collins, Joe Cocker pour les internationaux, Michel Polnareff, Maxime Le Forestier, Alain Souchon en France se sont vu accorder une nouvelle chance.
Mais la rétromanie semble avoir atteint ses limites: l’an dernier, bien que précédés des échos les plus favorables, les nouveaux albums de Françoise Hardy et Christophe n’ont pas vu leur succès critique transformé en termes de ventes.
Les récents albums de David Bowie («Earthling», favorablement reçu par la presse) et de Tina Turner («Wildest Dreams», qui a culminé à la 61e place du hit-parade américain) ont enregistré de très modestes performances commerciales. Jusqu’à Supertramp («Some Things Never Change», lancé en Europe avec une grosse campagne promotionnelle) et Aerosmith, dont les récentes productions peinent pour se maintenir au sommet.
Aux Etats-Unis ainsi, rapporte le «Billboard», les tournées de vétérans qui s’annonçaient comme prometteuses sur le papier et auraient fait salle comble il y a deux ou trois saisons (Iggy Pop, Supertramp, Aerosmith notamment), sont à la peine. En dépit de la contre-performance de son dernier album, seule Tina Turner semble capable d’attirer encore les foules pour sa tournée estivale américaine.
Le dernier album de Paul McCartney, «Flaming Pie», s’est classé d’emblée à la première place du hit-parade anglais, mais cela ne signifie pas qu’il s’y maintiendra, l’ex-Beatle ayant décidé de ne pas faire de «promo».
«Dinosaures» incarnés et hommes d’affaires avisés, les Rolling Stones ont senti le vent tourner: la prochaine tournée américaine de Mick Jagger, Keith Richards et consorts se déroulera dans des salles plus modestes que de coutume (15/20.000 places) au lieu des stades de 50 à 70.000 places dans lesquels ils se produisaient depuis ces vingt dernières années.


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