WASHINGTON, 16 Juin (AFP). — Des analyses génétiques réalisées par des scientifiques américains et suédois confirment que le chien descend bien du loup et qu’il est apparu sur Terre il y a environ 135.000 ans, indique une étude parue, dans l’hebdomadaire «Science».
Selon l’équipe dirigée par le professeur Carles Vila, de l’université de Californie à Los Angeles (UCLA), la grande diversité génétique des chiens suggère qu’ils ont évolué au fil des siècles en se reproduisant aussi bien avec certaines races de loups domestiqués qu’avec des meutes de loups sauvages.
Pour cette étude, les chercheurs ont comparé les échantillons d’ADN de 162 loups issus de 27 meutes réparties sur l’ensemble de la planète et de 140 chiens domestiques représentant 67 races différentes.
«Aucune séquence d’ADN de ces chiens ne présente plus de douze différences avec celles des loups (…). Ces résultats confirment clairement l’hypothèse selon laquelle les loups sont les ancêtres des chiens», écrivent les auteurs de l’étude.
En revanche, ces résultats suggèrent que les coyotes et les chacals ne figurent pas parmi les ancêtres du chien. «Le coyote et le loup se sont séparés il y a environ un million d’années, comme le laissent penser certains fossiles», ajoutent-ils.
Les mêmes analyses génétiques ont permis aux auteurs de l’étude d’estimer que les premiers chiens étaient apparus il y a environ 135.000 ans, c’est-à-dire plus de 100.000 ans avant les débuts officiels de leur association avec les êtres humains.
Sur la foi de découvertes archéologiques, certains scientifiques ne font en effet remonter la domestication du chien par l’homme qu’à 14.000 ans avant notre ère. Selon les auteurs de l’étude, cette estimation pourrait bien être remise en cause.
En effet, des restes attribués à des loups ont été retrouvés au milieu d’ossements humains sur des sites âgés de plus de 100.000 ans. Mais, en fait, ces «loups» pourraient bien avoir été les premiers «chiens», encore peu évolués et dont la morphologie était donc très proche de celle de leurs ancêtres loups.
Ce n’est que bien plus tard que «le passage de l’homme, il y a 10.000 à 15.000 ans, d’une vie nomade à une vie sédentaire pourrait avoir (…) provoqué une véritable différenciation (du chien) par rapport aux loups sauvages», avancent-ils en guise d’explication.


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