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Actualités - Chronologie

Les laissés-pour-compte du déménagement à Berlin

BONN, 12 Juin (AFP). – A deux ans du déménagement à Berlin des principales institutions gouvernementales et parlementaires allemandes, la colère gronde dans les chancelleries africaines, excédées par le refus de Bonn de leur apporter la moindre assistance financière pour ce coûteux transfert.
L’inquiétude est d’autant plus vive dans de nombreuses ambassades africaines que leur situation financière était déjà périlleuse, sinon dramatique, indépendamment du déménagement à Berlin.
Certaines, comme celle de la Somalie, ont été désertées par leur personnel et n’ont plus le téléphone. L’ambassadeur de ce pays, privé de rétribution depuis 1990, avait même obtenu l’année dernière de la justice allemande une aide sociale.
Selon le doyen du groupe des ambassadeurs africains, le Camerounais Jean Melaga, la situation générale s’est améliorée, mais le problème du déménagement à Berlin reste entier.
«Nous n’avons pas demandé à aller à Berlin, résume l’un de ses collègues. On est obligé de marchander alors que la Convention de Vienne prévoit que l’Etat accréditant doit faciliter l’acquisition des locaux diplomatiques et aider les missions à obtenir des logements convenables pour leurs membres».
Les autorités allemandes ont opté pour une lecture a minima de cette convention de 1961 régissant les relations diplomatiques. «Nous fournissons une aide logistique en informant sur les possibilités immobilières, répète inlassablement le ministère allemand des Affaires étrangères. Il n’est pas question d’un soutien financier direct».

Offres privées

Confronté à une crise budgétaire sans précédant, Bonn n’a guère l’intention de financer le déménagement des ambassades des pays en voie de développement des bords du Rhin à ceux de la Spree. Il serait de surcroît difficile de définir les critères d’attribution d’une aide financière, plaide-t-on au gouvernement allemand.
«Nous avons envisagé de nombreuses solutions comme un prêt sans intérêt ou un échange de terrains entre l’Allemagne et les pays concernés, il y a eu d’innombrables réunions avec les autorités allemandes, mais toujours pour nous entendre dire qu’elles ne peuvent rien», déplore M. Melaga. Le gouvernement allemand, assure-t-il, «n’a pas même voulu en étudier le principe».
Reste donc les offres privées de locaux à Berlin. «Nous en recevons chaque jour des listes entières, mais il est à chaque fois question de milliards de francs CFA. C’est totalement hors de nos moyens actuellement», constate-t-il amèrement.
D’où la possibilité, évoquée par certains, de réunir plusieurs missions dans un même immeuble qui disposerait de locaux communs pour organiser les grandes réceptions.
Mais, pour ce qui concerne le Cameroun, la question est simple. «On ne pourra pas déménager dès 1999, avec le gouvernement allemand. Je ne le demande même pas à mon gouvernement, c’est financièrement inenvisageable», explique M. Melaga.
Il y a quelques mois encore, Bonn exerçait des pressions de tous les instants sur les missions africaines, montrées du doigt parce qu’elles accumulaient les dettes, à l’abri de l’immunité diplomatique. «C’était un harcèlement que vous ne pouvez pas imaginer, c’était humiliant», se souvient un diplomate africain.
Le ministère des Affaires étrangères s’était alors fait le porte-parole des créanciers, toute procédure judiciaire étant vouée à l’échec. «Il sait donc précisément dans quelle situation financière nous sommes et devrait en tenir compte pour le déménagement à Berlin», relève ce diplomate.
BONN, 12 Juin (AFP). – A deux ans du déménagement à Berlin des principales institutions gouvernementales et parlementaires allemandes, la colère gronde dans les chancelleries africaines, excédées par le refus de Bonn de leur apporter la moindre assistance financière pour ce coûteux transfert.L’inquiétude est d’autant plus vive dans de nombreuses ambassades africaines que leur situation financière était déjà périlleuse, sinon dramatique, indépendamment du déménagement à Berlin.Certaines, comme celle de la Somalie, ont été désertées par leur personnel et n’ont plus le téléphone. L’ambassadeur de ce pays, privé de rétribution depuis 1990, avait même obtenu l’année dernière de la justice allemande une aide sociale.Selon le doyen du groupe des ambassadeurs africains, le Camerounais Jean Melaga, la...