«Nous voulons remporter de bons contrats avec l’Irak», en vertu de la résolution «pétrole contre nourriture» de l’ONU, a ajouté M. Mallah, membre de la délégation syrienne qui s’était rendue en mai en Irak, pour une première visite du genre depuis 15 ans.
Une importante délégation commerciale irakienne est attendue vendredi à Damas.
M. Mallah a lié le «marasme économique» en Syrie à «la crise» qui frappe beaucoup de pays, estimant que «(nous) ne pouvons pas rester à l’abri des difficultés mondiales».
Selon la Banque mondiale, le produit national brut par personne est de 1.100 dollars par an.
Le journal du parti au pouvoir, al-Baas, a publié le mois dernier une étude de la chambre de commerce de Damas. Elle révélait que la progression du PIB (produit intérieur brut) a été de 3,6% en 1995 contre plus de 6% au cours des années précédentes. Toujours d’après l’étude, une nouvelle baisse a été enregistrée en 1996 en dépit des bonnes récoltes agricoles.
La Syrie a enregistré un net recul des exportations (800 millions de dollars en 1994 contre 950 M.USD en 1990) et une forte augmentation des importations (de 540 millions de dollars en 1990 à 1,06 milliard de dollars en 1995), a révélé cette même étude.
En outre, des hommes d’affaires syriens se plaignent de la «lenteur» des réformes engagées depuis six ans ainsi que des «obstacles» qui entravent toujours les investissements, en dépit de la promulgation en 1991 de la loi «10», accordant de larges facilités financières et douanières pour encourager l’investissement privé et étranger.
Selon M. Mallah, également député, «des amendements à la loi 10 se sont avérés nécessaires et nous avons réclamé davantage d’exemptions avec moins de tracasseries administratives». Lors de la promulgation de la loi, en effet une centaine de projets a été approuvée par le gouvernement. Mais, après avoir quintuplé en 1994, le nombre de projets a chuté à 214 en 1996, selon des chiffres officiels.
A plusieurs reprises la presse officielle syrienne a dénoncé «la bureaucratie excessive» ainsi que la «routine» et réclamé l’abrogation des législations «inadéquates». La presse évoquait notamment un décret limitant les sommes autorisées aux voyageurs.
Un expert économique occidental a noté que l’absence d’une bourse de valeurs, de banques adaptées au secteur privé et de zones industrielles adéquates demeuraient «des obstacles de taille» à une véritable ouverture de l’économie syrienne.
Il a jugé nécessaire une «unification» des taux de change qui perturbent les investisseurs et les opérations d’import-export.
Les autorités syriennes ont levé partiellement le contrôle des changes en septembre, autorisant les Syriens à opérer des transactions sur leurs comptes en devises étrangères.
Le ministre de l’Économie, Abdel Aziz Hafez al Zleyteni, a promis quant à lui «un taux de change unique» en 1998, soulignant qu’une «unification réelle des taux de change ne pourra se réaliser rapidement en raison des conséquences éventuelles sur les prix».
Le taux de change du dollar américain est fixé officiellement à 43,5 livres syriennes (L.S) alors que celui en vigueur dans les pays voisins est aux alentours de 50 L.S.


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