«Le président de la République qui a présidé la réunion a expliqué que celle-ci fait suite à un débat entamé précédemment en Conseil des ministres sur l’opportunité d’interdire ou de limiter les importations de certains produits agricoles et ce dans le cadre d’un vaste programme de restructuration de notre activité agricole visant à encourager la production locale, l’industrie agroalimentaire, l’éradication de la contrebande et la protection de la production locale contre toute forme de concurrence».
«Le président de la République a souligné que le Liban importe tout genre de produits agricoles de différents pays pour un montant d’un milliard 500 millions de dollars, montant dont une partie doit être réinvestie en faveur de la production agricole locale et pour sa protection».
«Après quoi, a dit M. el-Sabeh, le ministre de l’Agriculture a fait un exposé détaillé concernant la politique d’interdiction qu’il compte appliquer à partir de début octobre».
«Le ministre de l’Agriculture a fait remarquer que l’étude effectuée par les différents services de son ministère ont pris en compte:
1 — Les différentes productions locales tout au long de l’année, qu’elles soient sous serre ou non, aptes à être emmagasinées, frigorifiées ou pas.
2 — L’état des lieux en matière d’industrie agroalimentaire et de fabrication de jus naturel et de sirop, conformément aux besoins du marché local et des contraintes de l’importation, avec comparaison du rapport qualité/prix.
3 — Le fait que le service des recherches au ministère de l’Agriculture se doit de mettre rapidement au point des produits agricoles aptes à être emmagasinés et industriellement valables, avec des prix compétitifs.
4 — La création de nouvelles industries agroalimentaires et la réhabilitation de l’ensemble de notre réseau d’emmagasinage et de frigorification d’après les critères les plus modernes.
5 — La mise au point d’une politique agricole équilibrée entre l’offre et la demande qui prenne en compte l’ensemble de notre production sous ses différentes formes grâce à une série de mesures dont:
a — La mise au point d’un programme annuel de production qui assure une harmonie entre la production et la consommation.
b — La recherche de sources de financement, avec des intérêts réduits, en faveur des producteurs et des industriels.
c — La création d’un comité ad hoc chargé de mettre au point des contrats préalables entre producteurs et industriels de sorte que les deux parties puissent garantir l’écoulement de la production et la matière première».
«A la lumière de tout ce qui a précédé, a encore dit M. el-Sabeh, le ministre de l’Agriculture a trouvé bon d’adopter un projet à trois volets:
I — Délimiter les produits qui seront interdits d’importation de façon définitive.
II — Délimiter les produits dont l’importation sera soumise à des taxes douanières dont le montant sera fixé en coordination avec le ministère de l’Economie et le Conseil supérieur des Douanes.
III — Délimiter les produits dont l’importation reste autorisée conformément aux besoins du marché. Ces importations seront interdites le jour où le pays parviendra à l’autosuffisance». (VOIR PAR AILLEURS).
Et M. el-Sabeh de poursuivre: «Après quoi, le président du Conseil a soulevé le problème des autorisations préalables à l’importation accordées par certains ministères. Le président du Conseil a demandé aux ministères concernés une liste des produits pour lesquelles des licences sont accordées pour que le Conseil des ministres puisse statuer en la matière.
«Ensuite le président du Conseil a soulevé le problème de l’augmentation de la taxe douanière sur les voitures, mesure qui vise à réduire la facture nationale que le Liban paie pour ses importations. Dorénavant la taxe douanière sur les voitures sera progressive», a conclu le ministre de l’Information.
Prenant à son tour la parole, M. Siniora a indiqué que «le Conseil des ministres a décidé d’augmenter la taxe douanière sur les voitures afin de réduire le parc automobile dans le pays et aider par là à la préservation de l’environnement... Dans le cadre des efforts que le gouvernement déploie pour favoriser et développer les transports en commun, les véhicules destinés à cet usage ne subiront aucune majoration de leur taxe douanière. Pour les autres véhicules, le Conseil des ministres a décidé de majorer la taxe douanière comme suit:
— La taxe minimale sur les voitures usagées est de 5 millions de L.L.
— La taxe douanière sur les voitures neuves dont la valeur ne dépasse pas les 15 millions de L.L. est restée sans changement, c’est à dire 20%.
— La taxe progressive portera sur la tranche des prix des voitures usagées et neuves allant de 15 millions jusqu’à 50 millions de L.L. et elle sera de 50%.
— Cette taxe sera de 100% sur la tranche allant de 50 millions à cent millions de L.L.
— Elle deviendra de 200% sur la tranche dépassant les 100 millions de L.L.
Poursuivant son exposé M. Siniora a ajouté:
«Nous sommes conscients que cette majoration ne concerne pas les Libanais désireux de posséder des voitures dont la valeur ne dépasse pas les 15 millions de L.L. et qui sont la grande majorité.
M. Siniora a en outre expliqué que «la question d’une majoration du prix de l’essence n’a pas été abordée lors du Conseil des ministres». Il a indiqué que «le gouvernement entend poursuivre sa politique en faveur des transports en commun», et il a nié que «l’augmentation décidée hier, ait été volue pour couvrir les charges de la nouvelle échelle des salaires».
«Le gouvernement ne peut pas envisager d’interdire l’importation des voitures car ceci est contraire à la liberté individuelle et les mesures prises peuvent inciter les Libanais à opter pour les nouvelles voitures ce qui est beaucoup moins polluant pour le pays», a-t-il encore ajouté.
M. Siniora a expliqué enfin que cette politique cherche surtout à réduire la facture que le Liban acquitte et qui s’élève à 800 millions de dollars» et a nié qu’il aura «davantage de taxes surprises».
«C’est une question qui ne peut être envisagée en dehors de la Chambre et le jour où les augmentations seront décidées il sera toujours temps d’en débattre car il faudrait à ce moment-là trouver les sources de financement», a-t-il conclu.


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