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Actualités - Chronologie

Freetown, un vaste marché aux puces

FREETOWN, 10 Juin (AFP). — Des centaines de victimes des pillages qui ont suivi le coup d’Etat du 25 mai à Freetown, tentaient de récupérer leurs biens mardi, à l’échéance de l’ultimatum fixé par la junte aux fonctionnaires pour la reprise du travail.
Alors qu’il était encore impossible d’évaluer en début de matinée si cet appel avait été suivi d’effet, l’affluence était réelle autour du quartier général des Forces armées, transformé en un insolite marché aux puces.
Dans la cour du Camp Cockerill, imposant bâtiment circulaire de béton blanc surmonté d’une tour de contrôle, s’entassent réfrigérateurs, congélateurs, ordinateurs, pièces détachées de véhicules, meubles, radios, télévisions...
Au milieu de cet amas de marchandises déambulent des Sierra-Léonais, des Gambiens, des Libanais et des Indiens.
«J’avais perdu tout espoir de récupérer mes affaires. Mais maintenant que j’ai vu des gens retrouver leurs biens, je commence à y croire», commente un Gambien.
Les chanceux qui reconnaissent leurs affaires doivent prouver leur identité et répondre à quelques questions. Munis d’un reçu, ils sont priés de revenir à une date ultérieure récupérer leurs biens.
«Ça va prendre des jours pour exposer tous les autres articles», confie un membre de la police militaire.
«Nous recevons encore des tuyaux sur l’endroit où nous pouvons trouver les biens pillés. Il nous arrive aussi d’arrêter des soldats ou des civils qui ont revêtu des uniformes pour piller impunément», ajoute-t-il, comme pour expliquer la présence de toutes ces marchandises dans l’enceinte du camp Cockerill.
Des hommes en armes et en uniforme s’étaient livrés à des violents pillages après le renversement du président élu Ahmed Tejan Kabbah, le 25 mai.
Depuis, les putschistes, qui ont qualifié ces exactions d’«erreurs de jeunesse», ont appelé les militaires à restituer les véhicules «réquisitionnés».
Des appels ont également été lancés à la population pour qu’elle «aide la police» à retrouver les biens dérobés.

L’élite a quitté le pays

De nombreux hauts fonctionnaires, comme les secrétaires généraux des ministères, le gouverneur de la Banque centrale, ou les dirigeants d’entreprises para-étatiques ont quitté le pays.
Les appels des putschistes à la reprise du travail ont pour l’instant été peu entendus: la population craint pour sa sécurité, est handicapée par le manque de transports — même les stations d’essence ont été pillées — et n’est guère pressée de voler au secours de la junte pour remettre le pays en marche.
Les autorités sanitaires ont déjà fait savoir qu’elles auraient du mal à reprendre leur tâche: «beaucoup de nos camions de ramassage des ordures sont encore aux mains de l’armée qui les a réquisitionnés au moment du coup d’Etat», explique un responsable.
Des barrages routiers ont été réinstallés dans plusieurs points de la capitale, mais les véhicules ne sont pas fouillés.
Alors que le régime militaire entre dans sa troisième semaine, la menace d’une intervention militaire extérieure plane encore dans l’esprit d’une majorité de Sierra-Léonais.
pour un diplomate ouest-africain, «le coup d’Etat est pratiquement unanimement condamné, mais le besoin de paix est encore plus fort».
«Il y a une immense demande pour que la paix soit sauvée. Les gens ont maintenant opté sur la négociation, de façon à débarrasser le pays de ses problèmes une fois pour toutes», estime-t-il.
«Nous ne voulons pas d’un nouveau bain de sang. La nation est toujours plongée dans l’angoisse et l’incertitude», a déclaré le professeur Joe Pemagbe du «Comité national pour la démocratie et les droits de l’homme», une organisation non gouvernementale.
FREETOWN, 10 Juin (AFP). — Des centaines de victimes des pillages qui ont suivi le coup d’Etat du 25 mai à Freetown, tentaient de récupérer leurs biens mardi, à l’échéance de l’ultimatum fixé par la junte aux fonctionnaires pour la reprise du travail.Alors qu’il était encore impossible d’évaluer en début de matinée si cet appel avait été suivi d’effet, l’affluence était réelle autour du quartier général des Forces armées, transformé en un insolite marché aux puces.Dans la cour du Camp Cockerill, imposant bâtiment circulaire de béton blanc surmonté d’une tour de contrôle, s’entassent réfrigérateurs, congélateurs, ordinateurs, pièces détachées de véhicules, meubles, radios, télévisions...Au milieu de cet amas de marchandises déambulent des Sierra-Léonais, des Gambiens, des Libanais et...