Selon Jupiter Communications, centre d’études qui a organisé à San Francisco Digital Kids 97, une conférence sur les enfants et les réseaux informatiques, le nombre d’enfants de 2 à 17 ans utilisant chez eux les réseaux en ligne a doublé en 1996 pour atteindre quatre millions. En 2002, leur nombre devrait atteindre 20,2 millions.
Cette audience représente un immense marché potentiel: les experts de Jupiter Communications calculent que ses revenus passeront de quelque 303 millions de dollars fin 1996 à presque 1,8 milliard fin 2002.
Cette génération est «la génération de l’après-télévision», a déclaré durant cette conférence Herb Scannel, président-directeur général de Nickelodeon, une chaîne destinée aux enfants. «Elle est la première à grandir» avec l’informatique qui leur est «aussi familière que l’était la radio pour nos parents».
Ces enfants «parlent couramment le langage de la technologie», renchérit Idit Harel, président de MaMaMedia, firme fondée il y a un an et qui vise sur le Web la clientèle des enfants entre 5 et 10 ans. MaMaMedia vient d’ouvrir deux nouveaux sites et a lancé un magazine pour enfants consacré à Internet.
Un autre site, Yahooligans!, s’adresse à la tranche d’âge 7-12 ans tandis que d’autres ont des clientèles encore plus ciblées: Girl Games crée des jeux uniquement destinés aux filles âgées de 8 ans et plus. Et Apple a dessiné e-Mate, un ordinateur de poche muni d’une poignée pour que les enfants puissent l’emmener partout avec eux.
Web et télé
Même si les études ont montré que les enfants utilisant Internet regardent moins la télévision qu’ils ne le faisaient auparavant, plusieurs des participants à Digital Kids 97 estiment qu’il n’y a pas d’antagonisme entre ces deux médias et qu’au contraire ils peuvent se nourrir l’un l’autre.
Il y a un an, Nickelodeon a innové en lançant à la télévision un feuilleton évoquant la traversée des Etats-Unis d’une fillette de 12 ans. Le feuilleton a ensuite émigré sur le site Internet de la société avant de retourner sur le petit écran.
La chaîne de télévision non commerciale PBS a elle aussi développé son propre site Internet. Et une des plus célèbres émissions pour enfants de la télévision américaine, «Sesame Street», a son prolongement sur le réseau informatique.
«La télévision ne va pas disparaître. Il y a une expérience télévisuelle et il y a une expérience du Web», estime Nina Link, vice-présidente de Children’s Television Workshop.
La difficulté économique essentielle à laquelle se heurtent actuellement les avocats des réseaux en ligne pour enfants est de convaincre les publicitaires d’utiliser ce medium et de définir des règles du jeu pour les messages des annonceurs, d’autant que les écoles américaines doivent progressivement être reliées à Internet.
Les enfants représentent un marché économique estimé à 160 milliards de dollars aux Etats-Unis et eux-mêmes dépensent environ 17 milliards par an. Selon Jupiter Communications, seulement un million de dollars de marchandises ont été vendues sur des services en ligne à des moins de 18 ans en 1996. En 2002, ces ventes devraient atteindre 28 millions de dollars.


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