Arrivé à Mazar-i-Sharif, fief de l’opposition, l’émissaire iranien a examiné «les derniers développements» en Afghanistan lors d’entretiens séparés avec le président afghan déchu Burhanuddin Rabbani et du commandant Ahmed Shah Massoud.
M. Bouroudjerdi s’est entretenu également avec le général Abdul-Malik, dirigeant du Mouvement islamique national, et Mohammad Mohaghegh, responsable de la faction chiite Hezb-i-Wahdat pour le nord de l’Afghanistan.
La nouvelle alliance anti-Taliban, appelée «Front islamique uni pour le salut de l’Afghanistan», inclut le Mouvement islamique national, les forces du commandant Massoud, Hezb-i-Wahdat, le Hezb-i-Islami de l’ex-premier ministre Gulbuddin Hekmatyar et une ancienne faction des Moudjahidine dirigée par Pir Sayed Ahmad Gailani, tous soutenus par l’Iran.
Lors de ces rencontres, l’émissaire iranien a rassuré l’opposition du soutien de Téhéran, qui estime que «tout pouvoir politique» en Afghanistan doit comprendre «toutes les ethnies du peuple afghan», selon les médias iraniens.
Par son action, Téhéran, qui ne reconnaît pas les Taliban au pouvoir à Kaboul, cherche à la fois à isoler la milice fondamentaliste sunnite sur la scène afghane et le Pakistan sur le plan régional.
Les relations entre l’Iran et le Pakistan sont particulièrement froides en ce moment en raison précisément de la crise afghane.
Les journaux iraniens, très critiques à l’égard du Pakistan, reprenaient cependant samedi une information de la presse pakistanaise selon laquelle le premier ministre pakistanais Mohammad Nawaz Sharif et son ministre des Affaires étrangères seraient attendus dans la capitale iranienne «dans les prochains jours».
Une honte pour l’islam
Pour Téhéran, il n’y a pas de doute que les Taliban sont soutenus politiquement, militairement et financièrement par le Pakistan, les Etats-Unis et l’Arabie Séoudite, qui cherchent à barrer la route à l’influence de l’Iran en Asie centrale. Islamabad et Ryad ont reconnu le pouvoir des Taliban.
En mettant en relief cette reconnaissance, la presse iranienne fait état depuis plusieurs jours de la présence d’experts militaires pakistanais dans les rangs des combattants des Taliban.
«Nous devons dire à M. Sharif, lors de va visite à Téhéran, que les Taliban sont une honte pour l’islam et que le Pakistan doit cesser de soutenir ces radicaux dans l’intérêt de l’islam», a affirmé le journal Iran News, considéré comme proche du ministère iranien des Affaires étrangères.
Les dirigeants iraniens n’ont jamais caché leur méfiance face à l’émergence à leurs frontières avec l’Afghanistan d’un pouvoir religieux fondamentaliste sunnite, hostile aux chiites.
La visite de M. Bouroudjerdi en Afghanistan faisait suite à une démarche personnelle du chef de la diplomatie iranienne Ali Akbar Vélayati auprès du gouvernement indien et de plusieurs autres pays d’Asie centrale.
Les Taliban, qui accusent l’Iran d’avoir envoyé des conseillers militaires iraniens aux côtés de l’opposition, avaient annoncé au début de la semaine la fermeture de l’ambassade d’Iran à Kaboul et l’expulsion de son personnel iranien.
«Malgré toutes les difficultés, l’Iran poursuivra fermement ses efforts pour parvenir à une paix durable et globale en Afghanistan», a déclaré M. Bouroudjerdi aux dirigeants du «Front islamique uni pour le salut de l’Afghanistan».


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