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Actualités - Chronologie

Du maquis aux bancs de la chambre

ALGER, 8 Juin (AFP). — Après avoir écumé depuis trois ans les monts de Zbarbar pour traquer les groupes islamistes, Zidane el-Mekhfi, le plus connu des «patriotes», rentre à l’Assemblée, élu sur une liste du parti présidentiel.
Zidane el-Mekhfi, 62 ans, ancien maquisard de la guerre d’indépendance, dirige l’un des plus importants groupes «d’autodéfense» du pays avec ses quelque 2.000 hommes armés par les autorités.
Il était sorti de sa retraite il y a trois ans et avait décidé de revêtir son treillis et d’exhumer son vieux fusil pour mener une autre guerre, celle-là contre les groupes armés islamistes implantés dans cette région montagneuse, à 120 kilomètres au sud-est d’Alger.
C’est dans cette zone que les groupes armés avaient tenu un congrès fédéral en avril 1992, sous la conduite de celui qui était alors considéré comme le «général» de l’armée islamique, Abdelkader Chebouti, mort depuis.
Seul, puis avec ses enfants, Zidane el-Mekhfi a ensuite été rejoint par des hommes de tous âges, au fur et à mesure que les groupes armés islamistes tentaient d’imposer la terreur dans la région.
«Souvenez-vous, a-t-il rappelé lors de la campagne, de ces jours où tous les matins on ramassait des têtes humaines jetées sur les routes et dans les rues».
«Lorsque l’épouse verra son mari sortir avec la certitude de le revoir, et lorsque le mari sortira en étant sûr de retrouver sa femme, ce jour-là, nous aurons réussi notre mission», explique-t-il.
Aujourd’hui, les hommes d’el-Mekhfi, équipés de Kalachnikov et de 4x4, ne se cantonnent plus à la défensive. Ils mènent des ratissages, même au-delà de Zbarbar.

Le symbole des «hommes debout»

Le «combat» d’el-Mekhfi a été mis en exergue par les autorités, qui en ont fait un symbole des «hommes debout», ceux qui se sont dressés contre les islamistes armés.
Dans de nombreuses régions, comme dans la plaine de la Mitidja, aux portes d’Alger, théâtre de nombreux massacres, les «patriotes» se sont mis au service du parti présidentiel, le Rassemblement national démocratique (RND), qui a obtenu 155 sièges à l’Assemblée.
La maison d’el-Mekhfi, dans le village haut perché de Bouderbala, est devenue le QG de la «résistance». Dès qu’on y entre, on découvre, derrière la porte, un «habhab», le redoutable mortier artisanal de ses adversaires, ainsi que divers engins explosifs.
Dans la pièce qui fait office de séjour, trônent les portraits de 98 hommes, parmi lesquels des adolescents et des septuagénaires. «Ils sont morts les armes à la main, en défendant leur patrie et leur honneur», explique fièrement el-Mekhfi, en lissant sa fine moustache.
La mort de certains d’entre eux est récente. Ce qui indique la poursuite des accrochages avec les hommes de Hassan Hattab, le chef du Groupe islamique armé (GIA) pour la région. Mais les habitants reconnaissent que la situation est «maîtrisée».
Le nouveau député a fait une promesse à ses électeurs: celle de «garder son treillis et son fusil, jusqu’à l’élimination des bandes criminelles».
ALGER, 8 Juin (AFP). — Après avoir écumé depuis trois ans les monts de Zbarbar pour traquer les groupes islamistes, Zidane el-Mekhfi, le plus connu des «patriotes», rentre à l’Assemblée, élu sur une liste du parti présidentiel.Zidane el-Mekhfi, 62 ans, ancien maquisard de la guerre d’indépendance, dirige l’un des plus importants groupes «d’autodéfense» du pays avec ses quelque 2.000 hommes armés par les autorités.Il était sorti de sa retraite il y a trois ans et avait décidé de revêtir son treillis et d’exhumer son vieux fusil pour mener une autre guerre, celle-là contre les groupes armés islamistes implantés dans cette région montagneuse, à 120 kilomètres au sud-est d’Alger.C’est dans cette zone que les groupes armés avaient tenu un congrès fédéral en avril 1992, sous la conduite de celui qui...