Rechercher
Rechercher

Actualités - Chronologie

Procès d'un exorciste : c'est la dose qui fait le poison

DOUAI (France), 6 Juin (AFP). — Le recteur de la mosquée de Paris, un spécialiste de Satan dans le Coran, et un psychologue anthropologue ont témoigné au procès d’un ancien imam poursuivi pour la mort d’une jeune fille après une séance d’exorcisme.
«C’est un accident de parcours dans le processus d’adaptation des musulmans à la vie en France», a estimé le recteur de la mosquée de Paris, Dalil Boubakeur, devant la cour d’assises du Nord, à Douai.
Des auteurs de l’une des quatre écoles de l’islam, le hanbalisme, minoritaire en France, à laquelle appartient l’ancien imam Mohamed Kerzazi, sont les seuls à préconiser certaines méthodes d’exorcisme, a-t-il poursuivi.
«Cette école prend tout au pied de la lettre», a-t-il estimé, en indiquant que les «modernistes de l’islam font des réserves sur ces rites».
«Peut-on aller jusqu’à faire mal au patient?, lui a demandé la présidente Christine Parenty. «On doit agir pour son bien», a-t-il répondu.
«Je vous demande pardon, ainsi qu’à la communauté musulmane», lui a dit Mohamed Kerzazi, 33 ans, qui comparaît depuis mardi, avec deux complices, pour tortures ou actes de barbarie ayant entraîné la mort sans intention de la donner.


«Si on se limite au Coran et aux textes autour, rien ne justifie les coups, mais si on donne autorité à certains textes anciens, c’est possible», a confirmé Hakim Hassan, un Libanais, auteur d’une thèse sur Satan dans le Coran et la pensée musulmane.
«La force des coups lors des séances d’exorcisme n’est pas décrite: si le djinn est puissant on peut donner un peu de vigueur, a indiqué de son côté Roland Geadah, psychologue et historien spécialisé dans les recherches anthropologiques: «Il est évident que c’est la dose qui fait le poison».
Louisa Lardjoune, 19 ans, que sa famille croyait possédée par le démon et qui était victime de crises d’hystérie, selon le médecin légiste, était morte de noyade pulmonaire le 1er juillet 1994, au lendemain d’une séance d’exorcisme de plusieurs heures. Elle avait été contrainte de boire de l’eau salée, avait eu la tête plongée dans une bassine d’eau et la plante des pieds flagellée.
Mohamed Kerzazi encourt la réclusion criminelle à perpétuité comme ses deux complices, le frère de la victime, Tahar Lardjoune, 47 ans, et le président de l’association de la mosquée Dawa de Roubaix, Morad Selmane, 33 ans.
Présenté comme un «homme de dialogue et d’écoute», au «charisme exceptionnel», Kerzazi, franco-algérien, était depuis 1993 imam de la mosquée Dawa de Roubaix, après avoir obtenu une licence de théologie islamique à l’université de Médine (Arabie Séoudite).
A Roubaix, où il dénonce publiquement le gouvernement algérien, le FIS et le GIA, il est devenu peu à peu «un guide spirituel» pour la communauté musulmane à laquelle il apporte «une ouverture inespérée», selon l’enquête de personnalité.
DOUAI (France), 6 Juin (AFP). — Le recteur de la mosquée de Paris, un spécialiste de Satan dans le Coran, et un psychologue anthropologue ont témoigné au procès d’un ancien imam poursuivi pour la mort d’une jeune fille après une séance d’exorcisme.«C’est un accident de parcours dans le processus d’adaptation des musulmans à la vie en France», a estimé le recteur de la mosquée de Paris, Dalil Boubakeur, devant la cour d’assises du Nord, à Douai.Des auteurs de l’une des quatre écoles de l’islam, le hanbalisme, minoritaire en France, à laquelle appartient l’ancien imam Mohamed Kerzazi, sont les seuls à préconiser certaines méthodes d’exorcisme, a-t-il poursuivi.«Cette école prend tout au pied de la lettre», a-t-il estimé, en indiquant que les «modernistes de l’islam font des réserves sur ces...