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Actualités - Chronologie

L'équipe Jospin (photos)

• Hubert Védrine: Le diplomate de l’ombre de François Mitterrand devient, à 49 ans, le nouveau ministre socialiste des Affaires étrangères.
Ce socialiste europhile devra faire preuve de tout son art de diplomate à un poste sensible de la cohabitation avec le président gaulliste Jacques Chirac, et dans la période cruciale d’avant le passage à l’euro, début 1999.
Passé par l’ENA, l’école de l’élite technocratique, il intègre d’abord le Quai d’Orsay, avant d’être conseiller diplomatique à l’Elysée, à l’arrivée de Mitterrand au pouvoir, en 1981 (bien 1981).
Porte-parole de François Mitterrand en 1988, il accède trois ans plus tard au secrétariat général de la présidence, poste charnière qu’il occupera jusqu’à 1995, y compris pendant une période de cohabitation avec le gaulliste Edouard Balladur.
Hubert Védrine, qui exerce le métier d’avocat depuis 1996, est marié et père de deux enfants.
Témoin privilégié des deux septennats socialistes, il a publié en 1996 un livre consacré à la politique étrangère de l’ancien président intitulé «Les mondes de François Mitterrand».
• Jean-Pierre Chevènement, (58 ans), député-maire de Belfort (est) et ministre français de l’Intérieur, a quitté le Parti socialiste (PS) en 1993, un an après avoir créé son propre «Mouvement des citoyens» (MDC) à la veille du référendum sur le traité de Maastricht auquel il est opposé.
Trois fois ministre de Mitterrand, il a été démissionnaire à deux reprises. Ministre de la Défense en 1988, il démissionne avec fracas en janvier 1991, en pleine guerre du Golfe, pour marquer son désaccord avec l’engagement militaire français.
En 1983, opposé à la politique d’austérité du premier gouvernement socialiste de Pierre Mauroy, il avait quitté le ministère de la Recherche et de la Technologie.
Entre-temps, M. Chevènement a été ministre de l’Education nationale (1984-86).
Cet ex-enfant terrible du PS est un défenseur des valeurs traditionnelles de la République, notamment la laïcité et l’idée de Nation.
Fils d’instituteur, il adhère à l’ancien Parti socialiste, la SFIO, en 1964 et crée deux ans plus tard, avec des camarades de la prestigieuse Ecole nationale d’administration, le «Cercle d’études, de recherches et d’éducation socialiste» (CERES), son courant le plus proche du marxisme.
Entré en 1971 au secrétariat national du PS, parti créé la même année par François Mitterrand, il a été dans les années 1970 l’un des principaux négociateurs du programme commun de gouvernement PS-PCF.
Il est marié et père de deux enfants.
• Alain Richard, 51 ans, sénateur-maire de Saint-Ouen-l’Aumône dans le Val d’Oise, nommé ministre de la Défense, était plutôt attendu dans un ministère économique, son domaine de prédilection.
Ce fidèle de l’ancien premier ministre socialiste Michel Rocard, remplacera à ce poste Charles Millon, également novice en matière de défense à sa prise de fonctions.
Député de 1978 à 1993 — il est alors battu — Alain Richard, réputé pour sa franchise et sa rigueur, a été rapporteur général de la commission des Finances de l’Assemblée nationale de 1988 à 1993.
Enarque, conseiller d’Etat, ancien du PSU de Michel Rocard, il adhère au Parti socialiste en 1975, dont il est aujourd’hui membre du bureau national.
Il a été vice-président de la Commission des lois entre 1981 et 1986 et vice-président de l’Assemblée en 1987.
• Dominique Strauss-Kahn, 48 ans, nommé ministre de l’Economie, des Finances et de l’Industrie, est considéré comme le «Monsieur économie» du PS.
Ce proche du premier ministre, dont il est depuis longtemps l’intermédiaire avec tous ceux qui comptent dans le patronat français, a déjà une solide expérience gouvernementale.
Ministre de l’Industrie et du Commerce extérieur dans le dernier gouvernement socialiste de Pierre Bérégovoy (1992-93), il avait le même portefeuille en tant que ministre délégué dans celui d’Edith Cresson (1991-1992).
Homme de réseaux, brillant et charmeur, «DSK», comme il est surnommé par ses initiales, entretient des contacts informels avec les patrons des grands groupes français à travers son «Cercle de l’industrie».
Commissaire adjoint au Plan de 1984 à 1986, président de la commission des finances de l’Assemblée (1988), Dominique Strauss-Kahn est né le 25 avril 1949 à Neuilly-sur-Seine, la banlieue huppée de Paris.
Agrégé d’économie et diplômé de deux grandes écoles françaises, il enseigne l’économie à l’université. Membre de la direction du Parti socialiste (1983), il est de 1988 à 1990 son responsable pour l’économie et les finances.
Il a été réélu dimanche dernier député de Sarcelles, une banlieue populaire du nord de Paris dont il est le maire.
Il est père de quatre enfants.
• Martine Aubry, nommée ministre de l’Emploi et de la Solidarité, entre pour la troisième fois dans un gouvernement, dont elle sera cette fois le numéro deux.
Fille de l’ancien président de la Commission européenne Jacques Delors, elle a été ministre du Travail, de l’Emploi et de la Formation professionnelle du 15 mai 1991 au 21 mars 1993, sous les gouvernements d’Edith Cresson puis de Pierre Bérégovoy.
Cette brillante énarque de 46 ans, qui a une réputation de «battante», s’est toujours intéressée aux questions sociales.
Elle a été directeur adjoint du cabinet de Jean Auroux, ministre du Travail, entre 1981 et 1983 et avait largement contribué à l’époque à l’élaboration des réformes de la législation sociale, connues sous le nom de «lois Auroux».
En octobre 1993, elle crée la fondation «Agir autrement», lieu de rencontres et de propositions destiné à mettre en place des projets sociaux, qu’elle préside depuis.
• Elisabeth Guigou, 50 ans, qui succède à Jacques Toubon au ministère de la Justice, où elle devra gérer les dossiers difficiles des «affaires», est une fervente militante européenne, qui a fait la preuve de sa compétence et de sa combativité.
Conseillère très écoutée de François Mitterrand pendant huit ans à l’Elysée, elle fut nommée ministre des Affaires européennes sous le gouvernement de Michel Rocard en 1990, un poste qu’elle occupera jusqu’à la cohabitation de 1993.
A l’Elysée, elle a travaillé en étroite symbiose avec Hubert Védrine, son camarade de promotion à l’ENA, et au mariage duquel elle fit la connaissance de François Mitterrand en 1974.
Native de Marrakech, cette blonde discrète à l’allure distante a montré sa combativité pour s’implanter à Avignon, dont elle vient d’être élue député en battant le maire RPR de la ville, Marie-José Roig, de 282 voix.
Secrétaire nationale aux affaires sociales du Parti socialiste, elle a été l’un des «experts» du candidat Lionel Jospin, en charge de ce secteur pendant la campagne pour l’élection présidentielle.
Entrée en 1982 au cabinet de Jacques Delors, alors titulaire du portefeuille des Finances, elle est restée proche de l’ancien président de la Commission européenne.
En 1985, elle accède au poste-clé de secrétaire général du comité interministériel pour les questions de coopération économique européenne. Pendant les deux années de la cohabitation avec Jacques Chirac, elle sera donc l’une des pièces maîtresses du dispositif de Mitterrand dans la construction européenne.
En 1988, elle est récompensée par le poste de chargé de mission auprès du chef de l’Etat, plus particulièrement chargée de suivre la nouvelle architecture européenne.
• Ségolène Royal, 44 ans, ministre déléguée chargée de l’Enseignement scolaire, s’est fait connaître d’abord pour son enthousiasme à défendre les questions rurales et l’environnement, de la préservation du Marais poitevin aux méfaits de l’heure d’été.
Pur produit de la génération Mitterrand, cette énarque fut chargée de mission à l’Elysée pour les Affaires sociales entre 1981 et 1988.
Déjà conseillère municipale de Melle, dans les Deux-Sèvres, depuis 1979, elle entre en 1988 à l’Assemblée comme député de la deuxième circonscription de ce département. Elle vient d’y être réélue pour la troisième fois avec près de 62% des suffrages, son plus beau score.
Devenue ministre de l’Environnement du gouvernement de Pierre Bérégovoy en 1992, elle innove en accouchant de son quatrième enfant alors qu’elle est en fonction.
Cette jolie femme médiatique pousse parfois un peu loin le sens de la publicité, comme lorsqu’elle se fait filmer par une télévision à la maternité.
Elle prête aussi parfois à sourire, comme lorsqu’elle conseille aux éleveurs de sa circonscription d’apprendre l’anglais pour trouver des débouchés à la production de leurs fromages de chèvre.
• Daniel Vaillant, 47 ans, numéro deux du Parti socialiste, est un fidèle parmi les fidèles, que Lionel Jospin récompense pour sa loyauté et sa constance en le nommant ministre des Relations avec le Parlement.
Né dans le XVIIIe arrondissement de Paris, un quartier populaire et artiste qu’il connaît comme sa poche, il a gagné la mairie aux municipales de 1995, en battant le RPR Jean-Louis Debré, alors ministre de l’Intérieur.
Dans cette partie de la capitale qui compte une importante population d’origine étrangère, il a été amené à se passionner pour les questions d’immigration et de police.
Il a conquis la circonscription, à cheval sur le XVIIIe et le XIXe, en 1993, lorsque Jean-Pierre Pierre-Bloch (UDF) a été invalidé. Avec le chevènementiste Georges Sarre dans le XIe arrondissement, ils étaient jusqu’aux récentes législatives anticipées les deux seuls députés de gauche à Paris.
Discret, souriant, laboureur de terrain, il a été réélu dimanche, toujours contre Jean-Pierre Pierre-Bloch, avec 57,20% des suffrages.
Pendant la campagne présidentielle de 1995, Daniel Vaillant est le «coordonnateur» du candidat Lionel Jospin, un second que les médias trouvent un peu terne. Mais arrivé en tête au soir du premier tour, le pudique Jospin sait ce qu’il lui doit et lui manifestera sa reconnaissance en tombant dans ses bras.
• Claude Allègre, 60 ans, en devenant ministre de l’Education, de la Recherche et de la Technologie, passe de l’ombre à la lumière.
Docteur ès sciences physiques internationalement reconnu dans sa spécialité, la liste de ses titres en France et à l’étranger occupe une bonne place dans le Who’s who.
Claude Allègre est un vieux complice de Lionel Jospin avec lequel il milita au sein de l’UNEF contre la guerre d’Algérie.
Les deux hommes jouent ensemble au tennis.
En 1985, c’est à lui que Lionel Jospin, alors premier secrétaire, confie la présidence du groupe des experts du Parti socialiste. Trois ans plus tard, il devient son conseiller spécial au ministère de l’Education.
Passionné de politique, bourreau de travail, cet homme au physique balzacien, parfois rude et qui ne mâche pas ses mots, sera dans les coulisses l’articulation de la campagne présidentielle de Lionel Jospin.
Lorsque celui-ci reprend la direction du PS en 1995, il s’éloigne un temps et s’investit dans ses fonctions du bureau de recherches géologiques et minières (BRGM). Le gouvernement d’Alain Juppé l’en avait remercié il y a quelques semaines.
• Jean-Claude Gayssot, 53 ans, ministre de l’Equipement, des Transports et du Logement, a le profil du communiste classique qui a gravi un à un les échelons du parti depuis près de 35 ans.
Né le 6 septembre 1944 à Béziers, dans l’Hérault, Jean-Claude Gayssot a été ouvrier cheminot. C’est d’ailleurs lui qui a exercé la fonction de porte-parole du groupe communiste à l’Assemblée sur le nouveau statut de la SNCF.
Membre du PCF depuis 1963, il exerce d’abord différentes responsabilités à la CGT, dont il est encore aujourd’hui très proche. En même temps, il milite au PC et devient membre du bureau fédéral du Gard en 1972.
En 1976, il devient collaborateur du comité central, responsable de la section économique. Lors du congrès de 1979, il entre au «Parlement» du parti.
Au congrès suivant, il est élu au bureau politique où il a la charge de l’activité dans les entreprises. Enfin, au congrès de 1984, il entre au secrétariat où il est chargé de l’important secteur de l’organisation.
En 1991, il devient membre du secrétariat du comité central, chargé de la liaison avec les fédérations et les comités régionaux du parti.
Marié, père de trois enfants, il est l’auteur de «la loi Gayssot» votée en juillet 1990 qui sanctionne les écrits et propos racistes et que le président du Front national Jean-Marie Le Pen condamne régulièrement.
• Louis Le Pensec, 60 ans, ministre de l’Agriculture et de la Pêche, est réputé avoir les talents de négociateur nécessaires pour occuper ce poste.
Ce Finistérien posé, souriant et fidèle à son terroir — né à Mellac, près de Concarneau, il en est le maire depuis 1971 — fut en effet un des artisans des accords de Matignon sur la Nouvelle-Calédonie.
Il était alors ministre des DOM-TOM de Michel Rocard, un poste qu’il conservera jusqu’à la défaite de la gauche en 1993.
Il a été ministre de la Mer par deux fois, brièvement en mai-juin 1988, longuement entre 1981 et mars 1983, après quoi il sera président du Conservatoire du Littoral jusqu’en 1985, ce que devrait apprécier le secteur de la Pêche dont il a également la charge.
Louis Le Pensec a également été porte-parole du gouvernement de mars 1989 à 1991.
Issu d’une famille de huit enfants dont le père est manœuvre, il est notamment diplômé d’économie politique et de sociologie. Après avoir été attaché de direction à la Snecma et à la Saviem, il est chargé d’enseignement à la faculté des sciences économiques de Rennes.
• Marie-George Buffet, 48 ans, qui occupe le portefeuille de la Jeunesse et des Sports, est la représentante de la nouvelle génération communiste.
Née le 7 mai 1949 à Sceaux, mère de deux enfants, elle est licenciée d’histoire-géographie et secrétaire de mairie. Entrée au PCF à 20 ans après les grèves ouvrières de 1968 et les manifestations contre la guerre du Viêtnam, elle est aujourd’hui l’étoile montante du parti.
Elue au comité national en 1987, elle entre au bureau national en 1994, puis au secrétariat national en décembre 1996, grâce à Robert Hue, qui mise sur son charisme, son sens du contact et de l’écoute.
Ces qualités en font le symbole d’une direction du parti rénovée et plus ouverte. Au dernier congrès, elle a d’ailleurs signé le rapport sur «les mutations» du PC.
• Pierre Moscovici, ministre délégué aux Affaires européennes, devra gérer au plus près la marche à l’euro, l’un des dossiers cruciaux de l’année à venir, dans le climat particulier de la cohabitation.
Cet énarque ambitieux, tout nouvel élu de Montbéliard, amateur de cigares, a su s’imposer en quelques années dans la garde rapprochée de Lionel Jospin qui l’a choisi pour être le principal auteur du programme socialiste. «C’est le bras armé de Jospin», confiait un ministre de droite lors de la campagne.
Né à Paris en 1957, diplômé de l’Ena en 1984, ancien conseiller aux affaires budgétaires du ministre de l’Education nationale qu’était Lionel Jospin de 1988 à 1992, Pierre Moscovici va maintenant mener aux côtés de son chef de file la bataille pour l’Europe de la croissance dont rêvent les socialistes.
• Dominique Voynet, ministre de l’Environnement et de l’Aménagement du territoire, a réussi le pari historique de faire entrer des écologistes à l’Assemblée nationale, passage obligé, selon elle, pour faire changer la société.
Lionel Jospin a dû insister pour qu’elle devienne ministre et renonce à son siège de député, où elle sera remplacée par un suppléant socialiste qui privera d’un siège le petit groupe de députés écologistes.
Née le 4 novembre 1958 à Montbéliard, Dominique Voynet a fait ses études à Belfort puis, en médecine, à Besançon, où elle s’est spécialisée en anesthésie-réanimation.
Son jeune âge cache une longue expérience. A dix ans, en sixième à Belfort, elle avait fait circuler une pétition sur son cahier d’écolière en faveur de jeunes militants basques espagnols condamnés à mort par le régime franquiste. Le cahier a été confisqué par un surveillant mais la fibre militante est restée.
• Catherine Trautmann, maire de Strasbourg, ministre de la Culture et de la Communication et porte-parole du gouvernement Jospin, apparaît à 46 ans comme l’une des figures susceptibles de renouveler l’image du Parti socialiste.
Mariée à Jacques Trautmann, responsable de formation, mère de deux filles, elle n’a jamais exercé d’activité.
Sa véritable ascension date de 1989 quand elle remporte la mairie face à une majorité UDF-RPR divisée. Elle sera réélue dès le premier tour en 1995 avec 52% des voix.
A son actif, la réalisation d’une première ligne de tramway et une politique volontariste de réduction de la circulation automobile qui ont braqué les projecteurs de la presse nationale et internationale sur Strasbourg.
(Reuter, AFP)
• Hubert Védrine: Le diplomate de l’ombre de François Mitterrand devient, à 49 ans, le nouveau ministre socialiste des Affaires étrangères.Ce socialiste europhile devra faire preuve de tout son art de diplomate à un poste sensible de la cohabitation avec le président gaulliste Jacques Chirac, et dans la période cruciale d’avant le passage à l’euro, début 1999.Passé par l’ENA, l’école de l’élite technocratique, il intègre d’abord le Quai d’Orsay, avant d’être conseiller diplomatique à l’Elysée, à l’arrivée de Mitterrand au pouvoir, en 1981 (bien 1981).Porte-parole de François Mitterrand en 1988, il accède trois ans plus tard au secrétariat général de la présidence, poste charnière qu’il occupera jusqu’à 1995, y compris pendant une période de cohabitation avec le gaulliste Edouard...