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Actualités - Chronologie

Les jours d'Alain Juppé à la tête du RPR sont comptés

PARIS, 5 Juin (AFP, Reuter). — Les jours de l’ancien premier ministre français Alain Juppé sont comptés à la tête du parti gaulliste RPR, après la décision d’y mettre en place une «direction collégiale», annoncée par l’ancien ministre Hervé Gaymard lors d’une réunion de ses députés.
M. Juppé (51 ans) pourrait devoir se contenter à terme de son poste de député-maire de Bordeaux (sud-ouest), après la cuisante défaite électorale dont la faute lui est imputée au premier chef.
Des voix de plus en plus nombreuses réclament son remplacement comme président du RPR par le gaulliste «social» et «europrudent» Philippe Séguin (54 ans), président de l’Assemblée nationale sortante.
Un conseil national (parlement du RPR) devrait se réunir la semaine prochaine et les assises du mouvement gaulliste, chargées d’élire son nouveau président, auraient lieu soit avant le 14 juillet soit à l’automne, a précisé M. Gaymard.
Désigné en catastrophe par le président Jacques Chirac chef de campagne, en remplacement du premier ministre sortant, entre les deux tours des élections législatives, M. Séguin a lancé contre M. Juppé une véritable «blitzkrieg », vite soutenue par les «poids lourds» du RPR Charles Pasqua et Edouard Balladur.
«Tous les députés battus se retournent contre ceux qui ont voulu la dissolution (de l’Assemblée), et comme ils ne peuvent pas toucher au président (Chirac) qui a pris la décision, ils se tournent contre ceux qui l’ont incité à la prendre. M. Juppé est obligé d’en tirer des conclusions», dit l’influent député chiraquien Pierre Mazeaud.
M. Juppé «se grandirait» en quittant la présidence du RPR au profit de M. Séguin, «le meilleur rassembleur de nos militants et de notre électorat en partie perdu», a estimé M. Mazeaud.

Coups bas

Le député Nicolas Sarkozy, proche de l’ancien premier ministre Edouard Balladur, a indiqué que les «balladuriens» étaient «prêts à travailler avec Philippe Séguin à la rénovation du RPR», et demandaient la mise en place d’une «direction collégiale pour préparer les assises du mouvement».
M. Juppé a annoncé pour septembre la convocation de ces assises, ce qui renverrait de facto la rénovation du parti après l’été.
Les «balladuriens», tout comme l’entourage de M. Séguin et l’ancien ministre de l’Intérieur Charles Pasqua, veulent que les changements aillent beaucoup plus vite.
M. Pasqua a exigé l’instauration d’un «comité exécutif provisoire» à la tête du RPR, dans lequel ses «différentes sensibilités seraient représentées». Expliquant qu’«il ne croyait pas à l’objectivité de l’équipe actuelle» de direction pour organiser les assises à venir, il a accusé M. Juppé de prendre, par son «obstination», le risque de «diviser le RPR».
Assurant qu’«il ne s’acharnait pas du tout contre Alain Juppé», il a estimé que «la sagesse et la logique» auraient dû l’amener à «tirer les conséquences (de la défaite) lui-même et à se retirer» de la présidence du RPR.
«Comment voulez-vous que dans les échéances à venir Alain Juppé ait la moindre crédibilité pour dynamiser à nouveau» le RPR, a dit M. Pasqua, selon lequel seul M. Séguin «peut conduire à nouveau le mouvement à la victoire».
Nommé mardi nouveau secrétaire général du RPR par M. Juppé, le ministre de l’Intérieur sortant Jean-Louis Debré a invité au «rassemblement», en dénonçant «les coups bas» et en affirmant qu’«on n’a pas besoin d’un changement dans la précipitation».
Guy Drut, ancien ministre de la Jeunesse et des Sports du gouvernement Juppé, a lancé un appel au calme, qui semblait avoir peu de chances d’être entendu.
«Sur la forme, on pourrait avoir un minimum de respect pour le travail qui a été accompli par tous pendant les années qui viennent de s’écouler et puis se calmer. Ça ne sert à rien de lancer des communiqués, des hypothèses. Il faut faire appel à davantage de sagesse, davantage de bon sens», a-t-il dit.
Quant à Michel Péricard, ex-président du groupe RPR à l’Assemblée et signataire de l’appel des 51 députés favorables à Philippe Séguin, il a tenu à dégager le président de la bataille à venir.
«Jacques Chirac ne se mêle pas des affaires intérieures du mouvement», a-t-il dit.
Selon des sources politiques, le chef de l’Etat aurait pourtant opposé son veto à l’«alliance de revers» qu’Alain Juppé souhaitait constituer avec les «balladuriens». L’ex-premier ministre était prêt pour sortir de son isolement à proposer à Nicolas Sarkozy le poste finalement confié à Jean-Louis Debré.
On assure dans l’entourage de M. Chirac, fondateur en 1976 du RPR, qu’il a dirigé jusqu’à son élection comme président, que celui-ci était «soucieux de l’unité du mouvement gaulliste et de la cohésion de l’opposition», mais qu’il n’intervenait «en rien dans les affaires internes des formations» de l’ancienne majorité RPR-UDF (gaullistes-droite libérale).
PARIS, 5 Juin (AFP, Reuter). — Les jours de l’ancien premier ministre français Alain Juppé sont comptés à la tête du parti gaulliste RPR, après la décision d’y mettre en place une «direction collégiale», annoncée par l’ancien ministre Hervé Gaymard lors d’une réunion de ses députés.M. Juppé (51 ans) pourrait devoir se contenter à terme de son poste de député-maire de Bordeaux (sud-ouest), après la cuisante défaite électorale dont la faute lui est imputée au premier chef.Des voix de plus en plus nombreuses réclament son remplacement comme président du RPR par le gaulliste «social» et «europrudent» Philippe Séguin (54 ans), président de l’Assemblée nationale sortante.Un conseil national (parlement du RPR) devrait se réunir la semaine prochaine et les assises du mouvement gaulliste, chargées...