La politique de Joe Arpaio, 65 ans, sheriff du comté de Maricopa depuis 1992, est claire: «Les prisons, dit-il, ne sont pas des country-clubs. Je crois dans un système carcéral dur».
Il a supprime café, tabac, revues érotiques, violence à la télévision et repas chauds. En revanche, il a rétabli les «chain gangs», les chaînes de forçats, tant pour les hommes que pour les femmes. «Je suis pour l’égalité dans l’incarcération», souligne-t-il.
Le sheriff a commencé à innover le 2 août 1993. A l’arrière d’une prison traditionnelle, dans la banlieue de Phoenix, capitale de l’Arizona, il ouvrait «In-Tents», prison en plein air «efficace et peu onéreuse», qui, dit-il, a été «un tel succès» que peu après, il ouvrait un second camp: «Con-Tents».
Les deux camps accueillent des condamnés à un maximum de un an de détention. Leurs méfaits sont généralement liés à la drogue ou l’alcool et vont de la conduite en état d’ivresse à la tentative de meurtre.
Odeurs différentes
«Il y a de la place dans le désert, d’ici jusqu’au Mexique, et nous avons plein de tentes», affirme Joe Arpaio, qui ne cache pas que le camp est situé près d’une décharge. «Lorsque le vent souffle, il y a des tas d’odeurs différentes».
Aux critiques qui lui reprochent de placer les détenus dans un désert où la température peut atteindre jusqu’à 48 degrés Celsius, il rétorque que «si les tentes étaient suffisantes pour nos soldats en Bosnie et en Arabie Séoudite, elles sont certainement suffisantes pour les prisonniers».
A la lisière du camp patrouillent à tour de rôle depuis le 22 mai quatre bergers allemands, avec caméras et micros électroniques qui retransmettent aux gardes les mouvements et les propos des détenus. Joe Arpaio est soucieux de les protéger des méfaits du soleil»: «Les chiens, dit-il, n’ont commis aucun crime».
S’il ne peut légalement supprimer la télévision, le sheriff peut choisir les programmes: une chaîne météorologique, la chaîne d’informations CNN, un programme sportif et tous les mardis, un cours d’histoire politique enregistré par Newt Gingrich avant qu’il ne devienne le président de la Chambre des représentants. «Une punition inhabituelle», reconnaît-il.
Autre innovation: Joe Arpaio a fait teindre en rose les slips portés par les détenus: «Ils ont horreur du rose. Pourquoi leur donner une couleur qu’ils aiment?»
De la chaîne où, par groupes de cinq, les volontaires, attachés par le pied, effectuent hors de la prison des travaux d’intérêt public jusqu’au sandwich qui constitue leur seul déjeuner, la même idée sous-tend les «innovations» de Joe Arpaio: faire de la prison un endroit tellement pénible que les détenus ne voudront jamais y revenir et économiser de l’argent pour le contribuable (94.000 dollars grâce à la suppression du café).


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