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Actualités - Chronologie

La violence s'installe dans les écoles US

WASHINGTON, 5 Juin (AFP). — Règlements de compte, agressions à main armée, viols, trafic de drogue: depuis la fin des années 80, la violence s’est installée dans les cours des écoles américaines au point de devenir la principale préoccupation des professeurs, des parents et des élèves.
Consacrée par Bill Clinton comme la priorité de son second mandat, l’éducation est aussi aujourd’hui le principal sujet d’inquiétude des Américains.
Si le président dénonce surtout la faiblesse du niveau de l’enseignement, ses concitoyens voient dans la violence et l’indiscipline les principaux responsables de l’échec de leur système scolaire.
Selon un récent sondage du «Wall Street Journal», 86% des Américains jugent que la violence est un facteur important de ses mauvais résultats scolaires, alors qu’ils ne sont que 66% à citer le faible niveau des connaissances exigées.
Un sentiment régulièrement alimenté par des drames comme celui qui s’est déroulé en février dans un lycée rural de l’Alaska où un élève a abattu un de ses camarades et le principal de l’établissement. Même isolé, ce type d’incident largement médiatisé illustre l’insécurité qui règne dans de nombreuses écoles du pays.

Armes et gangs

«Chaque année, les professeurs rapportent un nombre toujours croissant d’incidents violents, la plupart concernant la discipline, ce qui préfigure des problèmes beaucoup plus sérieux», explique John Mitchell, de la Fédération américaine des enseignants. «Si ce phénomène n’a jusque-là atteint qu’une minorité d’établissements, la violence est réellement devenue une préoccupation», ajoute-t-il.
Si l’on en croit les chiffres du département de l’Education, le niveau de violence ne progresse que très peu. Chaque année, environ 2,7 millions d’incidents sont recensés dans l’enceinte ou à proximité des écoles, dont une faible part peut être qualifiée de grave.
De 1992 à 1994, 85 homicides liés directement à l’école ont été dénombrés, selon les Centres de prévention et de contrôle des maladies d’Atlanta (Georgie). Moins de 4% seulement des professeurs affirment avoir été victimes de violences, révèle un sondage Louis Harris de 1994.
Malgré cela, le sentiment d’insécurité s’est nettement renforcé. En 1994, 40% des enseignants considéraient la violence comme un sérieux problème, alors qu’ils n’étaient que 26% en 1987. Chaque jour, 160.000 élèves avouent rester à la maison par peur, selon un sondage Louis Harris.
A l’origine de cette inquiétude, la présence croissante d’armes dans les cours d’école et le phénomène des gangs.
Selon une enquête du département de la Justice réalisée en 1996, 12% des élèves âgés de 13 à 18 ans avouent porter régulièrement une arme. «Nous sommes très inquiets chaque fois qu’un enfant s’en remet aux couteaux ou aux armes à feu, parce que l’introduction d’une arme à l’école conduit généralement à un problème beaucoup plus grave», indique Gary Marx, de l’Association des directeurs d’écoles.

Détecteurs

Depuis plusieurs années, des mesures sévères ont été mises en place, de l’installation de détecteurs d’armes au port de l’uniforme. Le Congrès fédéral s’en est mêlé en votant en 1994 une loi imposant aux écoles recevant des subventions fédérales d’expulser pour au moins un an tout élève surpris en possession d’une arme.
Mais si elles ont satisfait les partisans de la manière forte, ces tours de vis n’ont pas fait l’unanimité. «Les détecteurs de métaux ne sont qu’une infime partie de la solution, en aucun cas le remède miracle», estime M. Mitchell. Nombre d’éducateurs soulignent la nécessité d’étendre le champ de la lutte contre la violence à la communauté tout entière.
«Pour restaurer la sécurité dans les écoles, il faut partir du principe que la violence ne naît pas au sein de l’école mais vient des rues ou des familles, assure Richard Verdugo, de l’Association nationale de l’éducation. La hausse de la criminalité à l’école ne fait que refléter celle de l’ensemble de la société».
Sur ce point, les statistiques du FBI ne sont pas rassurantes. Malgré un tassement en 1996, la délinquance juvénile a quasiment doublé entre 1984 et 1995.
WASHINGTON, 5 Juin (AFP). — Règlements de compte, agressions à main armée, viols, trafic de drogue: depuis la fin des années 80, la violence s’est installée dans les cours des écoles américaines au point de devenir la principale préoccupation des professeurs, des parents et des élèves.Consacrée par Bill Clinton comme la priorité de son second mandat, l’éducation est aussi aujourd’hui le principal sujet d’inquiétude des Américains.Si le président dénonce surtout la faiblesse du niveau de l’enseignement, ses concitoyens voient dans la violence et l’indiscipline les principaux responsables de l’échec de leur système scolaire.Selon un récent sondage du «Wall Street Journal», 86% des Américains jugent que la violence est un facteur important de ses mauvais résultats scolaires, alors qu’ils ne sont que...