Rechercher
Rechercher

Actualités - Chronologie

Un français à bord de Mir, début Août

MOSCOU, 3 Juin (AFP). — Le cosmonaute français Léopold Eyharts se prépare à décoller pour Mir le 5 août prochain avec un enthousiasme et une confiance non diminués par la série d’incidents qu’a connus ces derniers mois la station spatiale russe.
«On arrive à la fin du potentiel de vie de la station. Personne n’est aujourd’hui à l’abri d’une mauvaise surprise», explique le cosmonaute du CNES, l’agence spatiale française, qui effectuera son premier vol dans l’espace douze ans après avoir, pour la première fois, posé sa candidature.
Pour autant, cet ancien pilote de chasse, âgé de 40 ans, n’est «pas spécialement inquiet» pour sa mission de trois semaines, qui doit permettre de vérifier les résultats des expériences réalisées lors du vol de la cosmonaute française Claudie André-Deshays en août 1996.
Les problèmes qu’a connus Mir «sont surtout embêtants pour la station et pas tant pour la sécurité des cosmonautes, qui peuvent toujours être évacués», dit cet homme de 1,69 mètre, au profil de coureur de fond.
«Je fais simplement plus attention à certaines consignes de sécurité, comme par exemple les générateurs d’oxygène ou le système de régulation thermique», dit-il.
Les défaillances enregistrées par ces deux systèmes ces derniers mois ont pour la première fois, en 11 ans d’existence de Mir, amené les cosmonautes russes de la station à envisager un retour d’urgence vers la terre.
Fin février, les cosmonautes ont dû faire face à un début d’incendie provoqué par une cartouche à oxygène — dont l’utilisation avait été rendue nécessaire par la panne des deux principaux générateurs d’oxygène. Ensuite, des fuites dans les tuyaux assurant la climatisation de la station ont soumis les cosmonautes à des températures tropicales pendant plusieurs jours. Elles obligent dorénavant à apporter d’importantes quantités d’eau sur la station, la qualité de l’eau recylcée à bord étant devenue douteuse.

Série noire

Mais cette série «noire» n’empêche pas Léopold Eyharts de rêver, d’autant qu’il est certain que les Russes font tout pour éviter de nouveaux incidents — très mauvais pour le programme spatial russe, devenu étroitement dépendant des financements étrangers.
Comme tous les cosmonautes, il se réjouit d’avance de pouvoir contempler — à ses rares heures perdues au milieu d’un programme d’expérimentation toujours très chargé — le globe terrestre depuis les hublots d’observation de la station.
Il se réjouit aussi de retrouver à bord son ami Michael Foale, un astronaute américain avec lequel lui et sa femme ont sympathisé l’an dernier pendant qu’ils s’entraînaient à la «cité des Etoiles», le village des cosmonautes au Nord de Moscou.
Il espère savourer quelques moments de détente avec ses camarades de bord.
Quand les réserves le permettent, la coutume veut que le repas du samedi soir soit l’occasion de quelques petits extras alimentaires — mais toujours sous forme de boîtes ou de paquets à réhydrater — voire même d’un petit «verre», sous forme de tube. Les cosmonautes qui ont séjourné sur Mir assurent cependant «qu’il n’y a pas de quoi se saoûler à bord».
Léopold Eyharts pressent aussi que cette mission pourrait être sa seule et unique chance d’entrer dans la «légende» de Mir — où 85 cosmonautes ont séjourné depuis 1986 (dont 36 Russes).
Un autre vol français est bien prévu en 1999, qui devrait durer six mois, mais la logique suivie jusqu’ici par le CNES, l’agence spatiale française, voudrait que ce soit la «doublure» de Léopold Eyharts pour le vol d’août — c’est-à-dire Jean-Pierre Haigneré — qui soit sélectionné.
Cette mission risque fort d’être la dernière à bord de Mir pour les cosmonautes français, puisque la station russe doit être abandonnée fin 1999. Les responsables russes n’excluent pas de la laisser avant au cas où Mir développerait d’ici là «des maladies incurables».
Après Mir, l’avenir des cosmonautes français — au nombre de sept aujourd’hui — est encore une grande zone d’ombre. Les places à bord de la future station internationale Alpha, où un premier équipage doit séjourner en 1999, seront rares, et un cosmonaute français pourrait n’y avoir droit qu’une fois tous les quatre ou cinq ans.
Léopold Eyharts, comme tous les cosmonautes européens, espère donc qu’un projet d’avion de transport spatial européen finira par se conrétiser pour élargir ses horizons.
MOSCOU, 3 Juin (AFP). — Le cosmonaute français Léopold Eyharts se prépare à décoller pour Mir le 5 août prochain avec un enthousiasme et une confiance non diminués par la série d’incidents qu’a connus ces derniers mois la station spatiale russe.«On arrive à la fin du potentiel de vie de la station. Personne n’est aujourd’hui à l’abri d’une mauvaise surprise», explique le cosmonaute du CNES, l’agence spatiale française, qui effectuera son premier vol dans l’espace douze ans après avoir, pour la première fois, posé sa candidature.Pour autant, cet ancien pilote de chasse, âgé de 40 ans, n’est «pas spécialement inquiet» pour sa mission de trois semaines, qui doit permettre de vérifier les résultats des expériences réalisées lors du vol de la cosmonaute française Claudie André-Deshays en août...