Près d’un tiers des ordinateurs personnels vendus en Europe sont fabriqués ou assemblés dans l’île, claironne l’Industrial Development Agency (IDA), un organisme public qui voit là une récompense à des dizaines d’années d’efforts pour attirer les investisseurs étrangers.
Le «tigre celtique», comme les Irlandais aiment à surnommer leur pays, a recueilli 40% de tous les investissements américains réalisés en Europe dans le domaine de l’électronique depuis 1980, selon l’IDA.
«L’Irlande est la Silicon Valley de l’Europe», affirme Rory Caren d’IBM Ireland. «Si vous prenez les dix plus grandes compagnies informatiques dans le monde, elles sont toutes implantées ici».
Le géant américain qui emploie déjà plusieurs centaines de personnes près de Dublin, dans un centre international de services-après-vente par téléphone, a décidé d’intensifier sa présence, investissant 350 millions de dollars sur un site de production qui occupera 2.850 personnes d’ici 2001, toujours dans la banlieue dublinoise.
La capitale irlandaise s’est parée, ces dix dernières années, d’une ceinture industrielle qui ressemble au Who’s Who de l’informatique et de l’électronique mondiales: Microsoft, Motorola, Hitachi, NCR ou encore Sun Microsystems sont tous implantés près de Dublin. Pour compléter la liste, Apple est installé à Cork et Intel, numéro un mondial des composants, dispose d’une usine à Kildare.
Faible taxation
Ce secteur emploie environ 40.000 personnes dans un pays qui ne compte que 3,6 millions d’habitants. Il représente 35% des exportations irlandaises et un volume annuel de ventes de plus de dix milliards de dollars.
Pourquoi l’Irlande attire-t-elle autant les géants de l’électronique? Une combinaison de facteurs, répond Rory Caren. «Un faible niveau de taxation, une économie en forte croissance, une main-d’œuvre bon marché et bien qualifiée», énumère le représentant d’IBM.
La flexibilité des travailleurs irlandais est l’une des composantes essentielles dans l’équation qui fait la réussite de l’Irlande, juge M. Caren. «Un centre téléphonique comme celui d’IBM avec ses horaires souples, variables, n’aurait pu être mis en place, sans une main-d’œuvre flexible et motivée».
Gateway 2000 est une autre de ces entreprises à avoir fait le choix de l’Eire. Cette jeune firme américaine qui vend par téléphone des micro-ordinateurs faits maison, a établi à Clonshaugh, près de Dublin, sa tête de pont pour conquérir le marché européen.
Trois ans et demi après l’ouverture, le site de production et de télé-vente emploie plus de 2.000 personnes dont la moyenne d’âge n’excède pas 28 ans. On y fabrique à la demande, sans stock, toute une gamme d’ordinateurs personnels livrables en moins d’une semaine, sur appel gratuit, dans les principaux pays européens. Christine Nigleaccio est l’une des télé-vendeuses chargées de répondre aux coups de téléphone des clients francophones.
Il y a six mois, elle ne connaissait rien ou presque à l’informatique. Deux jours après être arrivée à Dublin, cette Française de 24 ans a été embauchée par Gateway sans même avoir postulé, puis formée sur place. «Quand on est jeune ici, il est facile de trouver un travail», sourit-elle, casque sur les oreilles, prête à prendre une commande.


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