Selon le quotidien «Globe and Mail», les travaux des chercheurs, dont les résultats sont publiés dans la revue britannique «Nature», font apparaître le rôle joué par le développement anarchique d’une substance de défense des cellules cérébrales, le béta-amyloïde.
Ces souris, selon les chercheurs de l’équipe dirigée par le Dr Josephine Nalbantoglu, du département de neurologie de l’université McGill de Montréal, offrent le modèle le plus proche jamais élaboré de la maladie telle qu’elle apparaît chez les êtres humains, et permettent de l’étudier aux premières étapes de son dévoloppement, juste avant que ne se forment les amas de béta-amyloïde.
Le plus souvent, les études sont menées à partir de cerveaux humains, après la mort, les recherches se focalisant de ce fait sur les dernières étapes de la maladie, alors que des énormes amas de béta-amyloïdes se sont formés.
Selon les analyses menées sur ces souris mutantes, le cerveau produit du béta-amyloïde pour se défendre de la maladie. Un cerveau en bonne santé élimine naturellement cette substance qui, dans un cerveau malade, s’accumule en grappes. C’est cette accumulation même, selon les chercheurs, qui provoquerait des dommages dans la mémoire des personnes atteintes.
Maladie chronique
Jusqu’à présent, selon les chercheurs, on estimait que la démence dont souffrent les personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer était imputable à cette accumulation de béta-amyloïde, alors qu’il semble maintenant que la maladie est antérieure à l’accumulation, et la provoque.
La mise au point de ces souris devrait permettre de tester des médicaments pour éviter la dégradation de la mémoire, en attendant que l’on puisse remonter à la source même de la maladie.
«Les autres animaux servant de modèle dans cette maladie ne développent pas des démences de manière aussi frappante que cette souris (...) et ce modèle va forcer les chercheurs à se concentrer sur les étapes qui précèdent immédiatement la formation de ces plaques de béta-amyloïde», a indiqué le Dr Rudy Tanzi, directeur de l’unité sur le veillissement et la génétique de l’hôpital général de Harvard aux Etats-Unis.
Maladie chronique neuro-dégénérative progressive, la maladie d’Azheimer entraîne des troubles de la fonction cognitive, une démence, puis la mort.
Aux Etats-Unis, cette maladie touche environ quatre millions d’adultes, dont l’ex-président Ronald Reagan (86 ans), et, avec 100.000 décès par an constitue la quatrième cause de mortalité. En France, on évalue à 270.000 le nombre des personnes atteintes et entre 3 et 30% la proportion de personnes touchées entre 70 et 85 ans.


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