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Actualités - Chronologie

L'élargissement à l'est : un coût astronomique

VIENNE, 27 Mai (AFP). — La facture sera lourde pour adapter aux normes de l’OTAN les armées démoralisées et à l’équipement obsolète des pays de l’ex-Pacte de Varsovie qui seront prochainement admis au sein de l’Alliance atlantique.
La signature à Paris de l’«Acte fondateur» ouvre la voie à l’élargissement de l’Alliance à l’Europe de l’Est qui sera officialisé au sommet de Madrid (8 et 9 juillet).
Mais personne n’est réellement en mesure de chiffrer le coût astronomique d’un tel élargissement, qui devrait, dans un premier temps au moins, être limité à la Pologne, la Hongrie et la République tchèque.
Deux autres pays, la Roumanie et la Slovénie, sont également dans le peloton de tête mais l’unanimité ne règne pas au sujet de leur candidature au sein des 16 membres de l’OTAN. Soutenus par la France et l’Italie pour des raisons stratégique et culturelle, l’adhésion de ces deux pays se heurte aux réticences de l’Allemagne préoccupée par l’aspect financier de l’élargissement de l’Alliance.
Aux Etats-Unis, le Pentagone, le Congrès et la Rand Corporation se sont livrés à des estimations du coût de l’extension de l’OTAN: de 27 milliards de dollars à 125 milliards de dollars pour la période s’étendant jusqu’à 2009.
A Washington, on compte sur une large contribution européenne, comme l’a indiqué le sénateur républicain Richard Lugar (Indiana) qui a récemment déclaré: «Le problème est de savoir si les Européens sont disposés à remplir leurs obligations».
Or les grands pays européens, en proie à des difficultés budgétaires et à une montée inquiétante du chômage, auraient plutôt tendance à vouloir réduire leurs dépenses militaires avec la disparition de la menace soviétique.
En Pologne, où la grande majorité des Polonais sont favorables à l’adhésion de leur pays à l’OTAN, 23% seulement d’entre-eux sont prêts à accepter une augmentation des dépenses militaires.

Appel d’offres

Les experts polonais estiment pourtant que le coût global de l’intégration de l’armée polonaise à l’OTAN serait de 44 milliards de dollars sur quinze ans.
L’armée polonaise, forte de 400.000 hommes à l’époque du Pacte de Varsovie, compte actuellement 225.000 membres, en deça du plafond de 234.000 fixé pour la Pologne aux accords d’Helsinki (1992) sur les effectifs des forces armées conventionnelles en Europe.
Les programmes prioritaires de modernisation portent sur les systèmes de communication (un contrat a été signé en novembre 1996 avec la société française Thomson-CSF), le choix d’un nouvel avion de combat pour remplacer les vieux Mig-21. Les principaux concurrent sont les F-16 et F-18 américains, les Mirage 2000 français et les Jas-Gripen suédo-britanniques.
En Hongrie, le ministre de la Défense Gyoergy Keleti a indiqué que l’équipement de l’armée hongroise (66.000 hommes) n’avait pas été renouvelé depuis six ans. Le budget de la défense annuel est aujourd’hui de 550 millions de dollars et M. Keleti estime qu’il faudra dépenser de 20 à 30% de plus par an pendant une décennie pour adapter les forces hongroises aux normes de l’OTAN.
La Hongrie lancera un appel d’offres, après le sommet de l’OTAN à Madrid, pour l’achat de 30 avions de combat. Les concurrents sont les mêmes qu’en Pologne. En avril dernier, la Hongrie a acquis des missiles du groupe français Matra et devrait prochainement remplacer 200 radars soviétiques obsolètes.
En République tchèque, le coût de l’adhésion à l’OTAN est estimé à environ 4 milliards de dollars jusqu’en l’an 2004 par le ministère de la Défense.
Les effectifs des forces armées sont actuellement de 65.000 hommes et les priorités sont actuellement le remplacement des avions de combat, des chars soviétiques T-72 et la modernisation des systèmes de communication et de commandement.
VIENNE, 27 Mai (AFP). — La facture sera lourde pour adapter aux normes de l’OTAN les armées démoralisées et à l’équipement obsolète des pays de l’ex-Pacte de Varsovie qui seront prochainement admis au sein de l’Alliance atlantique.La signature à Paris de l’«Acte fondateur» ouvre la voie à l’élargissement de l’Alliance à l’Europe de l’Est qui sera officialisé au sommet de Madrid (8 et 9 juillet).Mais personne n’est réellement en mesure de chiffrer le coût astronomique d’un tel élargissement, qui devrait, dans un premier temps au moins, être limité à la Pologne, la Hongrie et la République tchèque.Deux autres pays, la Roumanie et la Slovénie, sont également dans le peloton de tête mais l’unanimité ne règne pas au sujet de leur candidature au sein des 16 membres de l’OTAN. Soutenus par...