On savait que les plus grands palaces et les endroits les plus in, partout dans le monde, affichaient déjà complet pour la soirée du 31 décembre 1999. Ce n’est pas tous les jours que l’on met le pied dans un nouveau millénaire… qui en réalité intervient un an plus tard, au 1er janvier 2001.
Mais il y a mieux. Maintenant, on recherche quel point du globe terrestre accueillera avant les autres cet événement. A comprendre où minuit sonnera, en premier. Les spécialistes en la matière sont à pied d’œuvre. Plusieurs îles du Pacifique (à cause de leur situation géographique) se disputent ce privilège, calcul du calendrier à l’appui. Sont ainsi sorties de l’ombre Kiribati (ensemble de 36 îles dont certaines inhabitées), les Fidji, les Tonga.
Mais, il semble qu’il faille regarder, plus exactement, du côté de la Nouvelle-Zélande où les hommes de sciences ont pu démontrer que c’est «chez eux» que se lèvera le grand jour. C’est ce que révèle une enquête menée par un journaliste américain, Ryan Donmoyer, auprès de la «Commission Turning Point 2000» de la ville de Christchurch.
Cette commission a désigné sur la mappemonde le lieu dont l’heure sera à celle du début du 21e siècle. Ce sont les Iles Chatham (rattachées à la Nouvelle-Zélande). Un nom à retenir pour un territoire microscopique: 960 km2.
Contrairement aux Fidji et au Tonça, la plus grande île des Chatham n’a pas pu se doter d’une infrastructure touristique. Elle ne possède qu’un hôtel, une auberge et un motel. Seule une poignée de natifs, dont le maire et son épouse, propose la formule hébergement chez l’habitant.
L’accès n’est pas fait non plus pour les grandes foules. Il y a un quai et une piste d’atterrissage qu’utilise uniquement la compagnie Air Chatham qui fait la navette vers la Nouvelle-Zélande, et vice versa, une fois par jour. Elle utilise un avion propulseur ne pouvant prendre que 40 personnes.
Donc, dans ces conditions, il n’y aura de la place que pour des happy few, dont s’occupent activement les agences de voyages.
A part l’aube d’un siècle nouveau que verront ces touristes, pas comme les autres? Des insulaires méfiants et sur la défensive, qui se souviennent encore, avec effroi, de l’invasion de la télévision japonaise, venue filmer à grand fracas, l’arrivée de l’année 1990. De quoi appréhender les festivités à venir, d’autant qu’ils n’attendent rien de bon des organisateurs de ces tournées qui ne leur offrent qu’un intérêt financier minime. Le maire de l’île voudrait pouvoir établir un fonds pour financer des projets à caractères sociaux dont sa communauté a besoin. Mais surtout, il voudrait accueillir le nouveau siècle dans la dignité. Par un lâcher de colombes blanches: «Ce que nous voulons, a-t-il dit, c’est envoyer au monde un message sain et sincère. Par ailleurs, beaucoup de nos proches et de nos amis établis ailleurs, reviendront au pays, à cette occasion. Des célébrations familiales sont les plus souhaitables».
Mais difficile pour les snobs de renoncer à un périple qui, contre vents et marées, les mènera au rendez-vous de la naissance d’une ère nouvelle…


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