Rechercher
Rechercher

Actualités - Chronologie

Poussée de fièvre sociale en Agentine

BUENOS AIRES, 26 Mai (AFP). – Les autorités argentines doivent faire face depuis un mois à une série de mouvements sociaux, débouchant en général sur une violente répression policière qui a déjà fait un mort et plus de trois cents blessés, dont certains grièvement.
«L’Argentine grince, gronde, le même bruit que font les estomacs quand ils ont faim», a souligné d’une manière imagée le sénateur radical Raul Galvan au cours d’une intervention devant le Congrès.
Les manifestants, qui réclament du travail, choisissent en général de couper les routes nationales avec des barrages pour faire entendre leur voix. Depuis un mois, ces manifestations se sont produites aux quatre coins du pays, à Neuquen, Salta, Rosario et Tucuman. A chaque fois, les forces de l’ordre sont intervenues dispersant sans ménagement des chômeurs, fem-mes et enfants, armés de pierres et de bâtons.
Une nouvelle étape dans l’escalade est cependant franchie depuis la semaine dernière avec les incidents de la Plata, à 60 kilomètres de Buenos Aires, et ceux de Jujuy, dans le nord du pays.
A la Plata, l’expulsion en force des vendeurs ambulants occupant les artères de la ville a rapidement tourné à la bataille rangée avec échange de tirs, charges à cheval et au moyen d’un petit tank après la destruction de plusieurs voitures de police. Les forces de l’ordre, qui dépendent du gouvernement provincial, ont également envahi l’université, un endroit qui leur est en principe interdit car dépendant du gouvernement fédéral. Une fausse note qui va entraîner plusieurs mouvements de protestation des étudiants dans les prochains jours.

Réduire les inégalités

Dans le même temps, dans la province de Jujuy, à 1.700 kilomètres au nord de Buenos Aires, des ouvriers réduits au chômage en raison des dernières privatisations coupent une importante route depuis trois jours. Les violents affrontements, se poursuivant même au milieu d’une veillée funèbre, ont fait plus de 200 blessés, dont de nombreux mineurs, certains étant sérieusement touchés. «Nous ne voulons pas de morts à Jujuy dans cette crise», a souligné le gouverneur Carlos Ferraro, tout en reconnaissant que les revendications des chômeurs «sont légitimes».
Le Français Michel Camdessus, président du Fonds monétaire international (FMI), en visite à Buenos Aires, a reconnu que le phénomène du chômage que l’on enregistre en Amérique du Sud (17,6% en Argentine) «n’est pas surprenant», car les pauvres et les travailleurs non spécialisés «sont les premiers affectés en période d’accélération économique».
M. Camdessus, au cours d’une réunion avec des banquiers, a également précisé que les perspectives de développement, jusqu’à présent favorables pour l’Argentine, pourraient être vouées à l’échec «si l’on n’arrive pas à réduire les inégalités».
A la suite des incidents de la Plata et de Jujuy, le gouvernement argentin a publié dans les principaux médias une page entière accusant «des infiltrés» d’être à l’origine des incidents. L’opposition de son côté ne manque pas de dénoncer «une répression qui confirme l’échec du plan économique».
Cette crise sociale intervient à moins de cinq mois des élections législatives partielles, qui mobilisent l’appareil politique, alors que deux candidats péronistes – Eduardo Duhalde et Carlos Reutemann – se sont déjà déclarés pour les présidentielles de 1999. Traditionnellement, l’Argentine a toujours connu de fortes poussées de fièvre en période pré-électorale. Mais, soulignent les observateurs politiques, elles n’avaient jamais été aussi précoces et la situation aussi tendue.
BUENOS AIRES, 26 Mai (AFP). – Les autorités argentines doivent faire face depuis un mois à une série de mouvements sociaux, débouchant en général sur une violente répression policière qui a déjà fait un mort et plus de trois cents blessés, dont certains grièvement.«L’Argentine grince, gronde, le même bruit que font les estomacs quand ils ont faim», a souligné d’une manière imagée le sénateur radical Raul Galvan au cours d’une intervention devant le Congrès.Les manifestants, qui réclament du travail, choisissent en général de couper les routes nationales avec des barrages pour faire entendre leur voix. Depuis un mois, ces manifestations se sont produites aux quatre coins du pays, à Neuquen, Salta, Rosario et Tucuman. A chaque fois, les forces de l’ordre sont intervenues dispersant sans ménagement des...