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Actualités - Chronologie

La Russie s'inquiète du danger taliban à ses frontières

MOSCOU, 26 MAI (AFP). – La Russie, puissance tutélaire de l’Asie centrale ex-soviétique, entretient des milliers d’hommes sur la frontière afghane et menace de répliquer «très durement» à toute incursion armée des Taliban sur le territoire de la CEI.
Si les Taliban s’avisent de pénétrer dans l’un des pays de la CEI, «nous réagirons collectivement et de façon très dure», a souligné le ministre russe des Affaires étrangères Evgueni Primakov.
Le Kremlin a publié un communiqué déclarant «qu’en cas de violation des frontières des pays de la CEI, le mécanisme de l’accord sur la sécurité collective des pays signataires sera immédiatement mis en œuvre».
«Les instructions correspondantes ont déjà été données», ajoute le communiqué.
L’enjeu pour Moscou est simple: la déstabilisation de l’Asie centrale ex-soviétique et l’avancée d’un islam radical porteraient le chaos aux portes de la Fédération de Russie, et réduiraient à néant l’influence russe dans la région.
«L’objectif des Taliban est l’affaiblissement de la Russie et la pression sur l’Iran», a affirmé le porte-parole de l’ambassade d’Afghanistan à Moscou, interrogé par la radio Echo de Moscou. «Même s’ils n’attaquent pas militairement le sud de la CEI, a-t-il ajouté, les Taliban peuvent y propager le fondamentalisme islamique».
Trois pays de la CEI (Turkémistan, Ouzbékistan, Tadjikistan) partagent leur frontière méridionale sur plus de 2000 kilomètres avec l’Afghanistan.
La Russie, qui considère la région comme son arrière-cour naturelle, est liée à ces pays par des accords de sécurité signés en mai 1992, lors d’un sommet de la CEI. Ces accords prévoient qu’une attaque contre l’un des signataires serait considérée comme une agression contre toutes les parties.
S’ils traversaient l’une des frontières, les Taliban tomberaient en outre nez à nez avec des garde-frontières russes. Moscou, qui soutient à bout de bras les régimes d’Asie centrale, assure en effet la protection de leurs frontières sud.

Risque de
«contamination»

L’agence Interfax, citant une source anonyme à l’état-major des garde-frontières russes au Kirghizstan, a assuré que les postes de la région de Och avaient été mis en alerte. «Les quelque 5.000 garde-frontières russes déployés au Kirghizstan ne sont cependant pas en mesure d’assurer à eux seuls la sécurité de la frontière sud en cas d’agression», a ajouté cette source.
Au Tadjikistan, qui compte près de 1.200 kilomètres de frontière avec l’Afghanistan, près de 25.000 garde-frontières sont déployés sous l’uniforme russe, auxquels s’ajoutent plus 6.800 hommes de la 201e division motorisée russe.
Dès la chute de Kaboul fin septembre, les Etats d’Asie centrale avaient tiré la sonnette d’alarme et multiplié les sommets et réunions ministérielles pour préparer une riposte à la menace afghane.
L’Ouzbekistan et le Tadjikistan ont soutenu ouvertement ces derniers mois l’opposition anti-Taliban et estiment que les «étudiants en théologie» menacent leur sécurité et font planer un risque de «contamination islamique». Seul le Turkménistan a essayé de maintenir une certaine neutralité face à l’arrivée des Taliban.
Le président tadjik Emomali Rakhmonov a convoqué les chefs des ministères de force (armée, intérieur, garde-frontières) et son Conseil de sécurité pour faire le point de la situation.
L’Asie centrale, inquiète des développements militaires de la situation, redoute également l’arrivée massive de réfugiés d’Afghanistan. Fin avril, selon les garde-frontières tadjiks, plus de 100.000 personnes s’étaient massées à la frontière nord de l’Afghanistan, fuyant devant l’avance des Taliban.
MOSCOU, 26 MAI (AFP). – La Russie, puissance tutélaire de l’Asie centrale ex-soviétique, entretient des milliers d’hommes sur la frontière afghane et menace de répliquer «très durement» à toute incursion armée des Taliban sur le territoire de la CEI.Si les Taliban s’avisent de pénétrer dans l’un des pays de la CEI, «nous réagirons collectivement et de façon très dure», a souligné le ministre russe des Affaires étrangères Evgueni Primakov.Le Kremlin a publié un communiqué déclarant «qu’en cas de violation des frontières des pays de la CEI, le mécanisme de l’accord sur la sécurité collective des pays signataires sera immédiatement mis en œuvre».«Les instructions correspondantes ont déjà été données», ajoute le communiqué.L’enjeu pour Moscou est simple: la déstabilisation de l’Asie...