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Actualités - Chronologie

La deuxième vie de Boris Eltsine

MOSCOU, 25 Mai (AFP). — On ne l’avait pas autant vu depuis longtemps: donné pour moribond il y a encore six mois, Boris Eltsine fait un spectaculaire retour sur le devant de la scène et redouble d’énergie à la veille du sommet Russie-OTAN de Paris.
A 66 ans, amaigri — il a perdu 25 kg —, le président russe semble vouloir prouver qu’il avait raison lorsqu’il tançait en octobre ceux qui «se hâtaient de décrocher son portrait».
Depuis, M. Eltsine, réélu pour un second mandat de quatre ans en juillet 1996, a subi début novembre un quintuple pontage coronarien consécutif à un nouvel infarctus, puis a eu une grave pneumonie en janvier. Ses ennuis de santé l’ont tenu loin du Kremlin, depuis sa réélection, pendant pratiquement huit mois.
Aujourd’hui, le grand cardiaque à qui ses médecins ont déconseillé les longs voyages en avion, et qui a dû déplacer à Helsinki en avril un sommet russo-américain initialement prévu aux Etats-Unis, s’apprête à se rendre successivement à Paris, immédiatement après à Kiev, et à Denver (Etats-Unis) en juillet.
A Helsinki, sa première réapparition à l’étranger depuis longtemps, M. Eltsine jubilait à l’évidence devant un Bill Clinton contraint de se déplacer en fauteuil roulant après une opération au genou.
A Moscou, il multiplie les interventions et les apparitions télévisées, et l’opposition, qui réclamait bulletins de santé et démission, est perplexe.
Depuis le début mai on a vu M. Eltsine recevoir le chef des indépendantistes tchétchènes Aslan Maskhadov et signe avec lui un accord historique de paix, revenir de Sotchi sur la mer Noire pour voir le président chinois Jiang Zemin, accueillir au Kremlin le roi d’Espagne Juan Carlos, signer un accord d’union avec le Bélarusse Alexandre Loukachenko, ou encore quitter sa résidence de campagne de Zavidovo pour voir en coup de vent le président français Jacques Chirac.
Non content de voir tout le monde, il s’est aussi impliqué personnellement dans la négociation de l’accord Russie-OTAN, a téléphoné à tous les leaders occidentaux, a retrouvé sa verve pour lancer une grande bataille contre la corruption et limoger le ministre de la Défense pour incompétence, et s’est présenté comme le pacificateur de la Transdniestrie (territoire russophone de l’est de la Moldavie).

Aux côtés des jeunes

Redevenu cabotin, il a fait rire cette semaine des écoliers moscovites, a convoqué d’urgence ses deux jeunes favoris, les premiers vice-premiers ministres Anatoli Tchoubaïs et Boris Nemtsov, leur faisant quitter la Douma pour fêter le violoncelliste Mstislav Rostropovitch, et s’est rangé résolument dans le camp des jeunes, auxquels il confie courageusement l’avenir du pays.
«Nous avons simplement peur de propulser des jeunes, nous avons peur, Viktor Stepanovitch», dit-il au premier ministre Viktor Tchernomyrdine. «Ne vous inquiétez pas, ils ne vont pas nous prendre nos places». Ils ne s’intéressent pas «aux intrigues (...) ils viennent pour la cause».
Le cardiologue américain Michael DeBakey, qui a vu M. Eltsine le 20 mai, le trouve en forme. «La période postopératoire se passe bien», le patient «se remet plus vite que prévu», a-t-il affirmé, ajoutant qu’il fallait toutefois que M. Eltsine se ménage des périodes de repos.
Certains spécialistes soulignent que les pontages coronariens ne mettent pas Boris Eltsine à l’abri d’un nouvel infarctus, et que cet homme passionné par le pouvoir, qui a un long passé d’ennuis de santé récurrents, en fait sans doute un peu trop.
M. Eltsine donne l’impression d’en tenir compte lorsqu’il part pour Sotchi ou Zavidovo, mais il piaffe rapidement et délègue à nouveau très peu.
«Oui, j’ai déjà 66 ans. Il me reste encore trois ans jusqu’à l’échéance présidentielle et je dois finir ma tâche» (...) avant de «transférer le pouvoir à des successeurs plus jeunes», a-t-il dit récemment.
MOSCOU, 25 Mai (AFP). — On ne l’avait pas autant vu depuis longtemps: donné pour moribond il y a encore six mois, Boris Eltsine fait un spectaculaire retour sur le devant de la scène et redouble d’énergie à la veille du sommet Russie-OTAN de Paris.A 66 ans, amaigri — il a perdu 25 kg —, le président russe semble vouloir prouver qu’il avait raison lorsqu’il tançait en octobre ceux qui «se hâtaient de décrocher son portrait».Depuis, M. Eltsine, réélu pour un second mandat de quatre ans en juillet 1996, a subi début novembre un quintuple pontage coronarien consécutif à un nouvel infarctus, puis a eu une grave pneumonie en janvier. Ses ennuis de santé l’ont tenu loin du Kremlin, depuis sa réélection, pendant pratiquement huit mois.Aujourd’hui, le grand cardiaque à qui ses médecins ont déconseillé les...