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Actualités - Chronologie

L'ascension fulgurante du candidat des jeunes et des femmes

TEHERAN, 25 Mai (AFP). - L’hodjatoleslam Mohammad Khatami, qui était quasiment tombé dans l’oubli depuis cinq ans, a fait en quelques semaines une percée fulgurante dans les couches les plus avides de changement de la société iranienne, notamment les jeunes, les femmes et les intellectuels.
Plus largement, il a rassemblé derrière lui un pays qui a changé en profondeur depuis la révolution de 1979. La moitié de la population iranienne n’était pas née à cette date, l’Iran rural est devenu majoritairement urbain et les femmes sont de plus en plus présentes dans l’économie.
Soutenu par une coalition de la gauche radicale et des modérés, M. Khatami, 54 ans, est un fin lettré dont même les adversaires reconnaissent l’esprit tolérant.
L’allure réservée, la barbe soignée et la mise toujours impeccable, il porte comme l’Imam Khomeiny le turban noir des «seyyed», ceux qui revendiquent un lien d’hérédité avec le prophète Mahomet, un atout dans les campagnes et les milieux traditionnels.
La jeunesse des quartiers chics comme des faubourgs de Téhéran a mené une campagne survoltée en sa faveur, distribuant à profusion ses tracts et ses affiches dans les rues et aux carrefours de la ville.
Vendredi, il a eu droit à un véritable accueil de pop-star en allant voter au milieu d’une foule d’admirateurs qui criaient «Khatami, Khatami, tu es notre seul espoir».
Père de trois enfants, il a brièvement dirigé quelques temps avant la révolution de 1979 le centre islamique iranien à Hambourg (Allemagne) et connaît l’anglais, l’allemand et l’arabe.
Nommé en 1982 ministre de la Culture et de l’orientation islamique, il assumera pendant dix ans la charge d’une administration sensible qui gère l’important appareil de censure et de propagande de l’Etat.
Malgré une bonne image personnelle, il ne parvient pas à ouvrir un système répressif et tatillon, verrouillé par les «durs» du régime et paralysé par les luttes internes.
Il doit quitter son poste en 1992 sous la pression des conservateurs, dont il est une des bêtes noires.
Devenu simple directeur de la Bibliothèque nationale et conseiller du président Ali Akbar Hachémi-Rafsandjani, il refait surface au début de l’année comme candidat de la gauche radicale et des modérés.
Il a publié un programme en douze points, mettant en bonne place la liberté d’expression et association, ainsi que le respect des droits de l’homme.
En quelques mois, il parvient à s’imposer face au grand favori, Ali Akbar Nategh-Nouri, président du Parlement et candidat du puissant «establishment» politico-religieux conservateur.
Sa campagne est soutenue sans réserve par le très moderniste maire de Téhéran Gholamhossein Karbatschi. Son entourage comprend d’autres personnalités de l’aile modérée du régime, comme le gouverneur de la Banque centrale Mohsen Nourbakch ou la fille cadette de M. Rafsandjani, Faézeh.
Mais M. Khatami a aussi le soutien de la gauche radicale qui a dominé les premières années et favorable à l’économie dirigiste.
Parmi ses soutiens, on trouve l’hodjatoleslam Mohammad Khoenia, ancien porte-parole des preneurs d’otages de l’ambassade américaine, ou l’hodjatoleslam Ali Akbar Mohtachémi, l’homme qui a bâti les réseaux pro-iraniens au Moyen-Orient dans les années 80.
TEHERAN, 25 Mai (AFP). - L’hodjatoleslam Mohammad Khatami, qui était quasiment tombé dans l’oubli depuis cinq ans, a fait en quelques semaines une percée fulgurante dans les couches les plus avides de changement de la société iranienne, notamment les jeunes, les femmes et les intellectuels.Plus largement, il a rassemblé derrière lui un pays qui a changé en profondeur depuis la révolution de 1979. La moitié de la population iranienne n’était pas née à cette date, l’Iran rural est devenu majoritairement urbain et les femmes sont de plus en plus présentes dans l’économie.Soutenu par une coalition de la gauche radicale et des modérés, M. Khatami, 54 ans, est un fin lettré dont même les adversaires reconnaissent l’esprit tolérant.L’allure réservée, la barbe soignée et la mise toujours impeccable, il porte...