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Actualités - Chronologie

Mohammad Khatani bénéficie du soutien des revenants

TEHERAN, 22 Mai (AFP). — L’hodjatoleslam Mohammad Khatami, candidat de la gauche radicale et des modérés, est un fin lettré dont même les adversaires reconnaissent l’esprit tolérant.
Surprise de la campagne électorale, cet ancien ministre de la Culture de 54 ans, quasiment absent de la scène politique depuis cinq ans, a fait une percée remarquée chez les jeunes et les intellectuels, avides d’ouverture après dix-huit ans de régime islamique.
L’allure réservée, la barbe courte et la mise toujours impeccable, il porte comme l’imam Khomeiny le turban noir des «seyyed», ceux qui revendiquent un lien d’hérédité avec le Prophète Mahommet.
Père de trois enfants, il a brièvement dirigé quelque temps avant la révolution de 1979 le centre islamique iranien à Hambourg (nord de l’Allemagne), et connaît l’anglais, l’allemand et l’arabe.
Nommé en 1982 ministre de la Culture et de l’Orientation islamique, il assumera pendant dix ans ce poste-clé du régime iranien, qui gère l’important appareil de censure et de propagande de l’Etat.
M. Khatami laissera de son passage au ministère le souvenir d’un homme soucieux d’ouvrir un système tatillon et répressif, mais bridé par les querelles internes du pouvoir et l’hostilité des «durs» qui ne cessent de réclamer sa tête.

Traversée du désert

L’arrivée en 1992 d’une majorité conservatrice au Parlement sonne le glas de cette carrière ministérielle, et M. Khatami, fortement critiqué pour ses penchants «libéraux», doit quitter ses fonctions.
Il entamera alors une «traversée du désert» en tant que directeur de la bibliothèque nationale et conseiller du président Rafsandjani, avant de refaire surface comme candidat de la gauche radicale et des modérés.
En quelques mois, il parvient à s’imposer face au grand favori, Ali-Akbar Nategh-Nouri, président du Parlement et candidat du puissant «establishment» politico-religieux conservateur iranien.
Il a publié un programme en douze points, mettant en bonne place la liberté d’expression et d’association, ainsi que le respect des droits de l’homme.

Sa campagne est soutenue sans réserve par le très moderniste maire de Téhéran Gholamhossein Karbatschi et son journal à grand tirage, «Hamshahri». Son entourage comprend d’autres personnalités de l’aile modérée du régime, comme le gouverneur de la Banque centrale Mohsen Nourbakch ou la fille cadette du président Rafsandjani, Faézeh.

Mais M. Khatami a aussi le soutien de «revenants» des heures les plus sombres de la révolution islamique membres de la gauche radicale, comme l’hodjatoleslam Mohammad Khoenia, porte-parole des preneurs d’otages de l’ambassade américaine, ou l’hodjatoleslam Ali Akbar Montashémi, l’homme qui a bâti les réseaux chiites iraniens au Moyen-Orient dans les années quatre-vingts.
TEHERAN, 22 Mai (AFP). — L’hodjatoleslam Mohammad Khatami, candidat de la gauche radicale et des modérés, est un fin lettré dont même les adversaires reconnaissent l’esprit tolérant.Surprise de la campagne électorale, cet ancien ministre de la Culture de 54 ans, quasiment absent de la scène politique depuis cinq ans, a fait une percée remarquée chez les jeunes et les intellectuels, avides d’ouverture après dix-huit ans de régime islamique.L’allure réservée, la barbe courte et la mise toujours impeccable, il porte comme l’imam Khomeiny le turban noir des «seyyed», ceux qui revendiquent un lien d’hérédité avec le Prophète Mahommet.Père de trois enfants, il a brièvement dirigé quelque temps avant la révolution de 1979 le centre islamique iranien à Hambourg (nord de l’Allemagne), et connaît...