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Actualités - Chronologie

Washington s'efforce de piloter la transition à Kinshasa

WASHINGTON, 21 Mai (AFP). — Après avoir contribué au transfert du pouvoir de Mobutu à Laurent-Désiré Kabila, les Etats-Unis s’efforcent de convaincre l’ancien rebelle de tendre la main à des personnalités de l’opposition, selon des responsables américains.
Cet activisme a amené l’ex-président Jimmy Carter à envisager un «rôle dirigeant sans précédent» pour Washington en Afrique centrale, dans une tribune libre publiée par le quotidien américain USA Today.
Depuis que les rebelles ont investi Kinshasa, l’ambassadeur américain Daniel Simpson est en contact régulier avec deux des principaux conseillers de M. Kabila, Deo Gratias Bugera, présenté comme le numéro deux du nouveau régime, et Paul Kabongo, commissaire (ministre) à la sécurité.
M. Simpson leur a communiqué «à leur demande» les coordonnées d’Etienne Tshisekedi, leader de l’opposition radicale à Mobutu, qu’ils ont appelé lundi, a indiqué le porte-parole du département d’Etat Nicholas Burns.
«Pendant les deux dernières semaines, nous nous sommes efforcés d’assurer une transition en douceur», notamment en mettant en contact officiers gouvernementaux et rebelles, explique un responsable du département sous couvert de l’anonymat. Désormais, ajoute-t-il, «nous encourageons M. Kabila à élargir son gouvernement pour lui donner une légitimité».
Il se défend cependant de «promouvoir une faction plutôt que l’autre» auprès des nouveaux maîtres du pays. «Nous aimerions que toutes les factions politiques discutent avec l’Alliance», affirme-t-il.
Il admet que dans son effort pour parrainer le nouveau régime, le gouvernement américain fait cavalier seul, sans état d’âme: «Il n’y a pas de stratégie occidentale coordonnée», note-t-il.
Les Etats-Unis «ont accompagné Kabila de Goma (est du Zaïre, d’où la rébellion a lancé son offensive l’automne dernier) à Lubumbashi», deuxième ville du pays où le chef rebelle a attendu la chute de Kinshasa, remarque en privé un dirigeant africain en visite aux Eats-Unis.
Le gouvernement américain a toujours démenti avoir fourni des conseillers militaires aux forces rebelles. Les accusations françaises selon lesquelles M. Kabila est «sous le contrôle» des Etats-Unis sont «de la pure fiction», affirme un haut responsable américain. Mais il est «bien connu», ajoute-t-il, qu’un diplomate américain maintenait le contact avec M. Kabila à Lubumbashi et que les Etats-Unis disposaient de spécialistes des opérations humanitaires dans la région.

Les élections

Pour inciter M. Kabila à ne pas abuser de sa victoire, les Etats-Unis lui font miroiter une aide financière s’il accepte le jeu démocratique, tout en se gardant de faire en public des promesses chiffrées.
«Il sait ce qu’il doit faire», souligne un diplomate américain qui cite, outre un gouvernement largement représentatif, «un calendrier pour des élections et des engagements de respect des droits de l’homme». Cette dernière condition est d’autant plus importante que les hommes de Kabila sont accusés d’avoir massacré des réfugiés hutus bloqués dans l’est du pays.
Mais Washington accepte désormais de laisser du temps à M. Kabila. «Nous préférerions des élections aussi vite que possible mais nous savons qu’il ne pourra pas les organiser du jour au lendemain», admet le même diplomate. Il n’exclut pas d’attendre plusieurs années un scrutin réellement démocratique.
C’est aussi l’avis de Julius Nyerere. Pour l’ancien président tanzanien devenu un des sages de l’Afrique, préparer «le miracle que représenteraient des élections multipartites au Zaïre» demandera plus vraisemblablement deux ans que deux mois.
Le secrétaire général de l’ONU Kofi Annan a, quant à lui, espéré mardi que le scrutin puisse être organisé d’ici un an.
WASHINGTON, 21 Mai (AFP). — Après avoir contribué au transfert du pouvoir de Mobutu à Laurent-Désiré Kabila, les Etats-Unis s’efforcent de convaincre l’ancien rebelle de tendre la main à des personnalités de l’opposition, selon des responsables américains.Cet activisme a amené l’ex-président Jimmy Carter à envisager un «rôle dirigeant sans précédent» pour Washington en Afrique centrale, dans une tribune libre publiée par le quotidien américain USA Today.Depuis que les rebelles ont investi Kinshasa, l’ambassadeur américain Daniel Simpson est en contact régulier avec deux des principaux conseillers de M. Kabila, Deo Gratias Bugera, présenté comme le numéro deux du nouveau régime, et Paul Kabongo, commissaire (ministre) à la sécurité.M. Simpson leur a communiqué «à leur demande» les coordonnées...