Un sondage CSA réalisé récemment pour France 3, Radio France, Le Parisien et l’Alsace la donne gagnante avec 44% des voix au premier tour et 55% au second, contre 45% au député UDF-PR sortant, Harry Lapp.
Cette avance, Catherine Trautmann la doit moins à son étiquette politique, qui d’ailleurs n’apparaît pas sur ses affiches, qu’à son image personnelle et à son action à la tête de la ville
Dans une circonscription qui comprend le cossu centre-ville et les quartiers les plus populaires de l’Ouest, son slogan de campagne, «Donnez plus de force à votre voix», souligne que c’est le maire qui sollicite les suffrages, plus que la militante rocardienne.
«Il est important que notre ville soit fortement représentée au niveau national», répète inlassablement la candidate qui veut également «défendre l’Europe dans le débat national».
Un an après avoir été battue aux législatives de 1988, cette théologienne protestante de 46 ans avait conquis Strasbourg à la stupeur d’une droite divisée et affaiblie par l’enlisement de dossiers municipaux comme ceux des transports en commun ou du Parlement européen.
Lors des municipales de 1995, elle avait été réélue dès le premier tour avec 52,5% des voix. Un mois auparavant, Jacques Chirac avait pourtant réalisé dans cette ville plutôt bourgeoise un score de 54%.
«Pot de terre et
pot de fer»
Aujourd’hui, Harry Lapp reconnaît qu’il mène «le combat du pot de terre contre le pot de fer» et justifie son pessimisme par l’impact médiatique de Catherine Trautmann qui a redoublé depuis qu’elle a pris la tête du mouvement contre la tenue du congrès du Front national à Strasbourg.
Mais le candidat UDF souffre également de la division de la droite qui n’a pas su trouver de leader depuis sa défaite aux municipales de 1989.
En 1993, Harry Lapp, ancien avocat de 49 ans reconverti en directeur d’une société d’organisation de spectacles, s’était présenté en candidat dissident contre le député UDF sortant, Emile Koehl, un notable ayant dépassé l’âge de la retraite.
Il l’avait largement emporté au second tour avec plus de 64% et le candidat socialiste Roland Ries, par ailleurs premier adjoint au maire, n’avait pas franchi le premier tour.
Harry Lapp bénéficie aujourd’hui de l’investiture UDF-RPR, mais il n’est pas certain d’obtenir un soutien sans faille d’une droite locale où certains ne lui ont pas pardonné de s’être opposé à Emile Koehl.
Yvan Blot, leader départemental du Front national, a renoncé à se présenter à Strasbourg, où le FN, il est vrai, ne réalise pas ses meilleurs scores. Il affronte à Saverne le président Force démocrate du Conseil régional, Adrien Zeller.
Le sondage CSA donne 13% des voix dans la première circonscription du Bas-Rhin au candidat, peu connu, du Front national. Deux candidats défendant les couleurs de l’extrême-droite avaient totalisé 15% en 1993.


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