«Ce que propose la droite, c’est de continuer la même politique, celle qui, sur le plan du chômage, a échoué, qui lie notre politique économique à une lecture trop étroite du traité de Maastricht et qui donc induira plus de rigueur, plus d’impôts et un risque d’étouffement de l’économie», affirme-t-il.
«Ce que nous proposons, à l’inverse, c’est une politique centrée sur l’emploi, qui cherche à stimuler la demande, qui propose que l’Etat joue son rôle d’impulsion sans brider l’initiative et l’action des acteurs économiques et sociaux», ajoute le premier secrétaire du Parti socialiste.
Mais Lionel Jospin affirme que «ce choix clair a été brouillé à dessein par la droite, qui a peur d’assumer son bilan et d’affirmer les axes de la politique qu’elle mènera».
Le dirigeant du PS, qui affirme que le programme économique de sa formation est «un équilibre entre l’audace et la prudence», estime que la situation des finances publiques «est sensiblement plus dégradée que ne l’avoue le gouvernement » et confirme qu’en cas de victoire, «il conviendra d’engager immédiatement un audit (...) et d’en faire connaître le résultat aux Français».
«C’est cet audit qui déterminera le rythme de la baisse de la TVA qui, de toute façon, comme le reste de notre programme, devra être étalée sur cinq ans. Mais c’est bien par la baisse du taux réduit que nous commencerons», ajoute-t-il.
Lionel Jospin réaffirme également que le programme «sera mis en œuvre sans augmentation des prélèvements obligatoires» et que «cela ne signifie pas que certains prélèvements ne puissent pas se substituer à d’autres».
«Ma position est celle d’une application progressive de nos propositions. Là réside la garantie du succès. Moi je ne veux pas d’une flambée qu’on noie ensuite sous une douche froide», poursuit-il.
«Je veux qu’on puisse dire, au bout de cinq ans, quand il faut rendre compte au peuple: le chômage a reculé, les inégalités se sont réduites, la sécurité a progressé, la France est plus forte et plus humaine», ajoute-t-il.
Enfin, Lionel Jospin, qui affirme que «si la droite gagne, Alain Juppé restera à Matignon», plaide pour une cohabitation douce.
«Ce qui compte, c’est de respecter la fonction de chacun, la volonté des Français qui viendront de s’exprimer et l’intérêt de la France. Là encore, il n’y aura, de notre part, ni dérobade, ni tricherie, ni manquement au sens de l’intérêt général», conclut le premier secrétaire du PS.


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