Dans un rapport remis au tribunal administratif du Caire, la plus haute instance juridique administrative estime que l’excision est licite et recommande donc d’annuler la décision du ministre égyptien de la Santé Ismaïl Sallam interdisant l’excision dans les hôpitaux publics, a-t-on ajouté.
Le Conseil d’Etat s’est référé à plusieurs «hadiss» (les dires du prophète Mohammed considérés avec le Coran comme les deux sources de la loi islamique) pour affirmer que «c’est licite, sans être obligatoire» et que la question de l’excision «doit être laissée à la famille».
Le tribunal administratif du Caire, qui suit généralement les recommandations du Conseil d’Etat, doit se prononcer le 24 juin, a-t-on indiqué de source judiciaire.
Des islamistes, des médecins, des avocats et un gynécologue avaient entrepris une action en justice, en octobre, contre le ministre la Santé après sa décision prise en juin d’interdire l’excision dans les hôpitaux publics.
Les islamistes affirment que M. Sallam a violé les lois islamiques et qu’il faut brider les désirs sexuels des femmes.
En revanche, l’Organisation égyptienne des droits de l’homme (OEDH) estime que cette pratique, courante en Afrique, est dangereuse et criminelle.
Le débat sur l’excision a été relancé en août, quand une jeune fille de 14 ans, Amina Abou el-Ala, est morte lors d’une telle opération exigée par son père.
Huit Egyptiennes sur dix sont favorables à la poursuite de l’excision car elles estiment qu’il s’agit d’une «bonne tradition», selon une étude réalisée par le Conseil national de la population et publiée en février.
Selon cette étude sur la «démographie et la santé en Egypte en 1995», il ressort que 97% des Egyptiennes sont excisées. Ce taux est de 99,5% dans les campagnes, contre 94% dans les villes.
Cheikh Mohammad Sayed Tantaoui, l’imam d’el-Azhar, la plus haute autorité sunnite en Egypte, a pour sa part déclaré que la religion musulmane ne demandait pas l’excision des femmes et qu’il revenait aux médecins de décider si cette opération était nécessaire.


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