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Actualités - Chronologie

La génération Chirac déçue de la politique

PARIS, 19 Mai (AFP). — La «génération Chirac» incarnée en 1995 par des milliers de jeunes en liesse portant à bout de bras leur nouveau président lors d’une gigantesque fête à Paris paraît, deux ans plus tard, avoir perdu ses espoirs en politique.
Pour 77% des jeunes de 18 à 29 ans, le scrutin législatif des 25 mai et 1er juin se résume à un choix qui «ne changera pas grand chose», selon un sondage commandé par la radio NRJ et le quotidien «Le Monde».
En 1995, M. Chirac avait remporté la moitié des suffrages de la jeunesse, traditionnellement cataloguée à gauche, en se présentant comme le candidat du changement face au premier ministre Edouard Balladur, jugé le champion de l’immobilisme, et au socialiste Lionel Jospin, victime du discrédit de la fin de règne de François Mitterrand.
Aucune vague d’adhésion du type de celle de 1995 ne soutient avec le même espoir les grandes formations aujourd’hui en lice, et surtout pas la droite, désertée par 17% des plus jeunes électeurs de M. Chirac. «La génération Mitterrand, il n’y en a plus. Quant à la génération Chirac, en deux ans, elle a été laminée» par les promesses non tenues, affirme le benjamin des candidats, Pascal Guérin, 23 ans, candidat d’un petit parti anti-européen situé à la droite de la majorité parlementaire.
Virginie Rastello, une candidate indépendante de 24 ans, se proclame «ni à droite, ni à gauche», alors que «les députés censés trouver des solutions pour réduire le chômage ne savent pas de quoi ils parlent».
La précipitation du calendrier électoral «va inciter (les jeunes) à choisir les votes protestataires», estime la sociologue Anne Muxel, qui prévoit une forte abstention, «parce qu’ils ont le sentiment de manquer de prise», et un rejet de l’actuelle majorité.
Plus de la moitié des jeunes, selon le sondage du «Monde», ne savent pas à qui accorder leurs suffrages au premier tour.
Un nombre aussi massif d’indécis pourrait constituer une cible de choix des politiciens, mais les préoccupations des jeunes, celles qui les font descendre dans la rue à intervalle régulier, comme l’amélioration du système éducatif, la défense de l’environnement ou la lutte antiraciste, sont largement passées sous silence dans cette campagne.

La droite plus crédible

Pouria Amirshahi, 25 ans, dirigeant du principal syndicat étudiant (Unef-id) a ainsi pu remarquer qu’«il y a actuellement plus d’étudiants que de paysans, mais nous n’avons pas encore entendu parler d’éducation dans cette campagne». «L’Unef-id ne fait campagne pour aucun parti, pour aucun candidat», précise M. Amirshahi.
M. Jospin s’est adressé spécifiquement aux jeunes, lors d’un meeting organisé dans un stade parisien. La principale promesse qui leur soit directement adressée dans cette campagne est l’engagement socialiste de créer pour eux 700.000 emplois, alors que le chômage touche un jeune actif sur quatre, bien au-delà de la moyenne nationale (12,8%).
La majorité conservatrice se contente d’affirmer que le chômage des jeunes a commencé de refluer. Selon ce sondage Ipsos, elle est «jugée plus moderne que la gauche» par les jeunes, écrit «Le Monde», car plus crédible pour «réussir l’instauration de la monnaie unique (européenne) d’ici 2002» et «préparer la France à l’entrée dans le XXIe siècle».
Reste que l’anticipation de 10 mois du scrutin a confirmé le divorce de nombre de jeunes d’avec la politique, puisqu’il a empêché un million d’entre eux (selon l’ex-ministre socialiste Jack Lang) de s’inscrire sur les listes électorales, closes en fin d’année. Des pétitions demandant une extension du délai d’inscription n’ont été suivies d’aucun effet, mais M. Jospin s’est engagé à ce que l’inscription soit dorénavant automatique.
«Les milliers de jeunes qui n’ont pas eu le temps de s’inscrire sur les listes électorales ont le sentiment de s’être fait arnaquer», avait déclaré Stéphane Pocrain, dirigeant d’une organisation issue de récentes révoltes étudiantes.
PARIS, 19 Mai (AFP). — La «génération Chirac» incarnée en 1995 par des milliers de jeunes en liesse portant à bout de bras leur nouveau président lors d’une gigantesque fête à Paris paraît, deux ans plus tard, avoir perdu ses espoirs en politique.Pour 77% des jeunes de 18 à 29 ans, le scrutin législatif des 25 mai et 1er juin se résume à un choix qui «ne changera pas grand chose», selon un sondage commandé par la radio NRJ et le quotidien «Le Monde».En 1995, M. Chirac avait remporté la moitié des suffrages de la jeunesse, traditionnellement cataloguée à gauche, en se présentant comme le candidat du changement face au premier ministre Edouard Balladur, jugé le champion de l’immobilisme, et au socialiste Lionel Jospin, victime du discrédit de la fin de règne de François Mitterrand.Aucune vague...