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Actualités - Chronologie

La France grande perdante face aux Etats-Unis

PARIS, 18 Mai (AFP). — La France apparaît comme la «grande perdante» de la bataille diplomatique au Zaïre, où les Etats-Unis ont renforcé leur influence sans parvenir pour autant à mettre un terme à la tragédie humanitaire dans ce pays, selon des spécialistes des questions africaines à Paris.
La crise zaïroise est le «révélateur de la dévaluation de la France» en Afrique «qui résulte d’une incapacité à percevoir le changement sur ce continent», selon Richard Banegas, spécialiste des questions africaines au Centre d’études et de recherches internationales (CERI).
Face à l’arrivée imminente des rebelles dans Kinshasa, le président Mobutu sese Seko avait annoncé vendredi sa décision de se «tenir à l’écart» de la conduite des affaires du gouvernement, après avoir dirigé le pays pendant plus de trente et un ans.
Washington avait aussitôt fait savoir que ce départ «ouvrait la voie à une solution pacifique».

Une transition
ordonnée

Si la France, où subsiste une «culture du complot anglo-américain», «s’était rapprochée des Etats-Unis dès le début, on ne serait pas les grands perdants» de cette crise, estime Jean-Christophe Rufin, directeur de recherches à l’Institut des relations internationales (IRIS) et ancien conseiller du ministre libéral (UDF) de la Défense, François Léotard.
Paris et Washington ne cessent pourtant d’affirmer une convergence de vues en prônant une «transition ordonnée» devant conduire à des élections. «Nous travaillons avec les Américains (...) pour coopérer à la recherche d’une solution» au Zaïre, a assuré récemment le ministre français des Affaires étrangères Hervé de Charette.
Mais, Paris, en soutenant si longtemps le président Mobutu, «n’a pas su changer son fusil d’épaule assez rapidement et s’est enferré», affirme M. Banegas.
Début mars, M. de Charette affirmait encore que le vieux maréchal, atteint d’un cancer de la prostate, était «incontestablement, la seule personnalité capable» de garantir l’intégrité territoriale du Zaïre. La France a été contrainte d’évoluer lorsque, fin avril, Washington, qui fut l’un des principaux soutiens du maréchal Mobutu durant trente ans, a affirmé que le maréchal avait «fait son temps».

Le drame
des réfugiés

En soutenant le président Mobutu, Paris «a poussé Kabila dans les bras des Américains», selon Jean-Christophe Rufin.
Mais, note Richard Banegas, «ni la France, ni les Etats-Unis ne maîtrisent l’un ou l’autre acteur». Washington a ainsi paru impuissant à modérer la rébellion, accusée de massacres contre les réfugiés.
Le drame des réfugiés hutus rwandais dans l’est de Zaïre a suscité d’autres dissensions franco-américaines, Paris ne pardonnant pas aux Etats-Unis d’avoir laissé tomber la force multinationale pour secourir les réfugiés. S’il y a un échec au Zaïre, selon Paris, «c’est un échec humanitaire» qui «n’est pas l’échec de la France».
Pour réfuter les attaques contre sa politique, le gouvernement français affirme que la France, contrairement à la Belgique, à l’Afrique du Sud et aux Etats-Unis, a peu d’intérêts économiques dans ce pays. Ancienne colonie belge, le Zaïre est le deuxième pays francophone au monde.

Les premiers
contrats

Les rebelles zaïrois ont signé mi-avril leurs premiers contrats pour l’exploitation des richesses minières de la province du Shaba avec l’American Mining Fields corporation (AMFI), qui a son siège en Arkansas, Etat dont est originaire le président Bill Clinton.
Les Etats-Unis, grâce à leur «pragmatisme», vont accroître leur influence commerciale au Zaïre et gagner «une zone d’influence cohérente et très vaste» de la façade atlantique à la mer Rouge, selon M. Rufin.
La France, si «elle se conduit désormais de manière ouverte», pourra travailler avec les rebelles zaïrois, estime M. Rufin. Mais «le risque de contagion» dans le «pré-carré» africain de la France existe, dit-il, avec le Congo et la Centrafrique en première ligne.
PARIS, 18 Mai (AFP). — La France apparaît comme la «grande perdante» de la bataille diplomatique au Zaïre, où les Etats-Unis ont renforcé leur influence sans parvenir pour autant à mettre un terme à la tragédie humanitaire dans ce pays, selon des spécialistes des questions africaines à Paris.La crise zaïroise est le «révélateur de la dévaluation de la France» en Afrique «qui résulte d’une incapacité à percevoir le changement sur ce continent», selon Richard Banegas, spécialiste des questions africaines au Centre d’études et de recherches internationales (CERI).Face à l’arrivée imminente des rebelles dans Kinshasa, le président Mobutu sese Seko avait annoncé vendredi sa décision de se «tenir à l’écart» de la conduite des affaires du gouvernement, après avoir dirigé le pays pendant plus de...