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Actualités - Chronologie

La folle journée où le Zaïre a changé de maître

KINSHASA, 18 Mai (AFP, Reuter). — Le Zaïre a changé de maître samedi lors d’une folle journée qui a vu la prise de la majeure partie de Kinshasa par les rebelles, tandis que Laurent-Désiré Kabila se proclamait chef de l’Etat et que le départ à l’étranger du maréchal Mobutu était annoncé.

Le départ de M. Mobutu, qui n’avait pas officiellement démissionné de la présidence, est venu confirmer la fin de son régime, après la fuite à Brazzaville, dans la journée, de son premier ministre, Likulia Bologo, et de l’un de ses fils, Kongolo Mobutu.

Désormais maîtresse du pays, après avoir conquis la capitale sans grande résistance, l’Alliance rebelle a diffusé en français et en lingala son premier communiqué militaire à la radio nationale, en donnant aux «militaires et autres éléments armés» jusqu’à dimanche matin pour déposer les armes.
Le message a également prévenu que «les actes de vandalisme, les vols et les pillages sont désormais complètement prohibés et seront très sévèrement sanctionnés».

Selon des témoins, des éléments de la Division spéciale présidentielle (DSP, corps d’élite) se sont livrés à des pillages, notamment dans le quartier de Binza, qui abritait de nombreux ministres.


Aucun bilan des rares affrontements qui se sont déroulés n’était disponible dans la soirée. De nombreux coups de feu avaient résonné à l’aube puis s’étaient espacés progressivement au long de la journée dans l’ensemble de la métropole de cinq millions d’habitants.

Des colonnes de rebelles, parmi lesquels de nombreux soldats rwandais, sont entrées dans le centre-ville, acclamés comme partout ailleurs en «libérateurs» par une foule en liesse. Ils s’étaient emparé auparavant du Parlement de transition et du siège de la «Voix du Zaïre», principal centre de radio-télévision.
Huit mois après le début de son offensive depuis l’est du pays, M. Kabila a déclaré à la presse depuis Lubumbashi (Sud-Est) qu’il «assumerait à partir de ce jour les fonctions de chef de l’Etat congolais». Dans le cadre de l’«africanisation» lancé par Mobutu, la République démocratique du Congo (1965) était devenue République du Zaïre en octobre 1971.
M. Kabila a annoncé qu’il formerait un gouvernement de salut national dans les 72 heures et qu’une Assemblée constituante serait mise en place avant 60 jours, en assurant qu’il se rendrait «très bientôt» à Kinshasa.
Le président autoproclamé a également permis à M. Mobutu de «rester dans son village» (Gbadolite), mais il semble que celui-ci ait choisi l’exil. Selon certaines sources, il pourrait après le Maroc, chercher à gagner le Liechtenstein puis la France.
KINSHASA, 18 Mai (AFP, Reuter). — Le Zaïre a changé de maître samedi lors d’une folle journée qui a vu la prise de la majeure partie de Kinshasa par les rebelles, tandis que Laurent-Désiré Kabila se proclamait chef de l’Etat et que le départ à l’étranger du maréchal Mobutu était annoncé.Le départ de M. Mobutu, qui n’avait pas officiellement démissionné de la présidence, est venu confirmer la fin de son régime, après la fuite à Brazzaville, dans la journée, de son premier ministre, Likulia Bologo, et de l’un de ses fils, Kongolo Mobutu.Désormais maîtresse du pays, après avoir conquis la capitale sans grande résistance, l’Alliance rebelle a diffusé en français et en lingala son premier communiqué militaire à la radio nationale, en donnant aux «militaires et autres éléments armés» jusqu’à...