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Actualités - Reportage

A l'Assembly Hall - AUB Billy Eidy : maîtrise et brio

Il appartient à cette lignée de pianistes qui n’ont plus rien à prouver et que le public et la critique ont d’ailleurs depuis longtemps plébiscité. Du talent à revendre… A chaque fois le même émerveillement des mélomanes devant un programme aux scintillements neufs. Fidèle à cette tradition conciliant musique de qualité et interprétation au - dessus de tout éloge, Billy Eidy, (présenté par Acsauvel en collaboration avec les Ets. M. Chahine et parrainé par la Banque Audi), a donné un brillant concert à l’Assembly Hall (A.U.B) où il a joué des œuvres de Clara Schumann, Brahms, Falla, Fauré et Ravel.
C’est avec «la variation sur un thème de Schumann op. 20» de Clara Schumann, que Billy Eidy a entamé son concert. Accents véhéments et d’un romantisme tempéré qui révèlent, en toute douceur, l’amour passionné que portait l’épouse —elle- même pianiste virtuose — de Robert Shumann à son compositeur de mari miné par la folie et la maladie. Paraphrase à peine camouflée de l’univers de l’auteur de «Kreisleriana» avec ses éclats, ses emportements et sa cotonneuse rêverie mais que Clara illumine ici d’une présence investie d’une secrète douceur féminine faite souvent de compréhension et de sérénité. Est-ce par association d’idées ou pour illustrer un bel exemple d’amitié que Billy Eidy a choisi d’interpréter, après avoir révélé une œuvre de Clara Schumann, ces trois «intermezzi» op. 117 de Brahms, joignant avec bonheur la rigueur classique et le lyrisme romantique, mélangeant ainsi avec un art suprême, gravité nordique et vivacité viennoise. Accents amples et expressions mesurées où transparaît même une certaine poésie. Les pages de Brahms, grâce à Billy Eidy, étaient ici un authentique moment de grâce où l’on oubliait toute notion de virtuosité malgré des effets sonores saisissants… Changement de cap et d’atmosphère avec la «fantasia baltica» de Falla dans un éclatement de notes qui se rattachent toutefois à la flamboyance d’une Espagne colorée, festive, à la fois ardente et languide. Oppositions habiles de rythmes et de nuances, débordantes d’une vie intense. Plus claires et «aquatiques» étaient les 4 barcarolles (1er op. 26, 9e op. 101, 6e op. 70 et 5e op. 66) de Fauré. Arpèges et triolets prolongeant un rêve liquescent qui révèlent toutefois le merveilleux mélodiste qu’était Fauré. Avec aussi un sens «éthéré» dans la composition car, comment oublier que l’auteur du vibrant «Ave Maria» avait pour slogan la formule suivante: «Pour moi, l’art, la musique surtout, consiste à nous élever le plus loin possible au - dessus de ce qui est…». Ces «barcarolles», ballottées au gré des rythmes et des cadences, emportaient l’auditoire bien loin dans une envoûtante traversée sonore… «Valses nobles et sentimentales» de Ravel devait clôturer le récital. Sept pièces à trois temps suivies d’un «épilogue» constituent ces «valses» écrites en 1909 spécialement pour le piano et qui furent orchestrées en 1911 pour un ballet intitulé «Adélaïde ou le langage des fleurs». Elles portent en épigraphe la phrase du poète Henri Régnier «… plaisir délicieux et toujours nouveau d’une occupation inutile…». C’est dire non l’aspect «frivole» de ces œuvres, mais frais et enjoué. La dernière valse est la plus animée, tandis que le «finale» ramène le calme dans une partition d‘une remarquable recherche harmonique.
Après un vibrant rappel, Billy Eidy a interprété avec maîtrise et brio le «final» de la 2e sonate de Guy Sacre. Œuvre peu connue du public. Rythme décidé et dissonance harmonique domptée sur un air gai et exubérant. Avec aussi de vagues phosphorescences rappelant par moments la magie de Satie et la volubilité de Milhaud. Un moment de grande qualité musicale où Billy Eidy a été un maître officiant inspiré…

Edgar DAVIDIAN
Il appartient à cette lignée de pianistes qui n’ont plus rien à prouver et que le public et la critique ont d’ailleurs depuis longtemps plébiscité. Du talent à revendre… A chaque fois le même émerveillement des mélomanes devant un programme aux scintillements neufs. Fidèle à cette tradition conciliant musique de qualité et interprétation au - dessus de tout éloge, Billy Eidy, (présenté par Acsauvel en collaboration avec les Ets. M. Chahine et parrainé par la Banque Audi), a donné un brillant concert à l’Assembly Hall (A.U.B) où il a joué des œuvres de Clara Schumann, Brahms, Falla, Fauré et Ravel.C’est avec «la variation sur un thème de Schumann op. 20» de Clara Schumann, que Billy Eidy a entamé son concert. Accents véhéments et d’un romantisme tempéré qui révèlent, en toute douceur, l’amour...