Le musée Guggenheim, qui a ouvert ses portes le 3 octobre dernier à Bilban, dans le nord-ouest de l’Espagne, espérait pouvoir présenter à l’occasion de son inauguration l’œuvre, inspirée en peintre par la tragédie de la destruction en 1937 de la place-forte nationaliste basque Guernica par l’aviation allemande.
Mais la conservation d’une œuvre d’art âgée de soixante ans, l’une des toiles les plus emblématiques du siècle et un monument national, est plus importante que n’importe quel geste symbolique envers le musée basque, ont déclaré mardi les responsables du musée de la reine Sophie.
«Guernica» a une énorme valeur dans l’histoire de l’art moderne et son état physique doit être préservé», a déclaré Valeriann Bozal, le président des bienfaiteurs du musée. «Il ne doit pas être déplacé dans un autre musée», selon lui.
La conservatrice du musée, Pilar Sedano, a déclaré que la toile, mesurant 3,6 sur 7,8 mètres, avait déjà trop souffert au cours des transferts précédents pour risquer d’être déplacée une nouvelle fois.
«Elle a déjà voyagé 32 fois et sa taille fait qu’il est difficile de la déplacer sans l’abîmer», a-t-elle dit. C’est la raison pour laquelle je pense qu’il vaut mieux essayer de la garder ici et la conserver au moins dans l’état où elle est».
«Guernica», un tableau de commande du gouvernement républicain pour l’Exposition internationale de Paris, peint durant la guerre d’Espagne (1936-1939), représente des figures agonisantes et des animaux en noir, blanc et différents tons de gris.
Il n’est conservé en Espagne que depuis 1981, date à laquelle il a été rapatrié, à la demande de Picasso, après la mort de Franco et le rétablissement de la démocratie.


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