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Actualités - Chronologie

L'UE salue les signaux de Londres sur l'Euro

BRUXELLES, 12 Mai (Reuter). — Les partenaires européens du Royaume-Uni ont salué les «signaux» lancés sur la monnaie unique par le nouveau chancelier britannique de l’Echiquier Gordon Brown, qui a été plongé dans la préparation de l’Union économique et monétaire (UEM) pour ses grands débuts européens.
Le nouveau «grand argentier» britannique a mis ses pas dans les empreintes laissées par son prédécesseur conservateur Kenneth Clarke, qui participait à toutes les discussions sur la monnaie unique comme si le Royaume-Uni allait en faire partie.
Alors que la Grande-Bretagne a obtenu en 1991 le droit de ne pas participer à la monnaie unique, Gordon Brown a par exemple débattu de la forme de la pièce de 20 centimes et du métal qui serait utilisé avant d’adresser des «recommandations» aux pays qui ont entretenu en 1996 des «déficits excessifs».
Travailliste ou conservateur, le gouvernement de Londres refuse toujours de sortir de son attentisme sur l’euro.
«Nous gardons les options ouvertes», a déclaré Gordon Brown en rappelant qu’un référendum serait organisé et que la décision finale serait prise en fonction des seuls intérêts britanniques.
Cette réserve n’a pas empêché les autres pays de se féliciter des changements sensibles enregistrés sur ce dossier depuis l’arrivée des travaillistes au pouvoir le 1er mai.
«Ils voudraient donner des signes positifs qu’ils ne s’y prendraient pas autrement», a dit Jean Arthuis, le ministre français des Finances, lors d’une conférence de presse.
L’impression dominante est que Londres veut préserver ses chances de faire partie de la première vague de l’euro, ce qui est ardemment souhaité par les milieux d’affaires et la City.

Obstacles en vue

Gordon Brown a posé pratiquement dès sa nomination un geste important en octroyant une indépendance partielle à la Banque d’Angleterre, qui pourra désormais fixer les taux, et s’est dit déterminé à réduire l’inflation au niveau de ses partenaires.
L’indépendance des banques centrales est une condition sine qua non de la participation à la monnaie unique.
Mais certains obstacles risquent de surgir.
Une interprétation stricte du traité, qui est par exemple celle de l’Allemagne et de la France, oblige un pays membre de l’euro à faire partie pendant deux ans au moins du mécanisme de change européen dont la livre a été expulsée en 1992.
«C’est une nécessité contractuelle», a dit le ministre allemand. Theo Waigel, en contradiction totale avec l’analyse faite par Londres sur cet important point de droit.
Les conservateurs excluaient de réintégrer ce mécanisme honni et les travaillistes n’en ont pas plus l’intention.
Le débat pourrait être reporté au printemps 1998 lors de la sélection des candidats, Paris et Bonn pouvant changer d’avis.
Par un curieux effet du hasard, les bonnes dispositions européennes du gouvernement travailliste ont comme été saluées par un geste de ses partenaires de l’Union.
Alors que le Royaume-Uni aurait dû se voir adresser des «recommandations» pour avoir entretenu en 1996 un déficit excessif par rapport aux 3.0% du PIB prévu dans le traité de Maastricht, il a obtenu un délai d’un mois pour permettre au gouvernement travailliste de présenter un budget rectificatif.
Neuf autres pays ont été placés sur une sorte de «liste noire», seuls la Finlande, les Pays-Bas, le Danemark, le Luxembourg et l’Irlande échappant à l’opprobre.
La recommandation la plus attendue a été adressée à l’Italie, dans la mesure où ce pays craint d’être exclu du peloton de tête de la monnaie unique par ses partenaires.

Un budget serré

La Commission européenne a par exemple prévu que le déficit public italien s’élèverait à 3,2% du PIB en 1997, année dont les performances seront utilisées pour sélectionner les participants à l’euro, alors que Rome estime que ce chiffre sera de 3,0%.
Le ministre italien du Trésor Carlo Azeglio Ciampi a réaffirmé lundi que l’Italie respecterait son objectif en 1997 et parviendrait même à réduire son déficit sous la barre des 3,0% en 1998, alors que la Commission prévoit 3,9%.
La recommandation adressée à l’Italie juge «insuffisant» le contrôle des dépenses de l’Etat en 1996 et ses partenaires européens l’ont ailleurs exhortée à remplacer les mesures d’assainissement temporaires par des mesures structurelles.
«Ils reconnaissent que l’Italie fait des efforts énormes», a toutefois souligné Carlo Azeglio Ciampi, en annonçant que Rome présenterait à la fin du mois un nouveau plan d’assainissement.
Deux pays du Sud, l’Espagne et le Portugal, voient en revanche leurs espoirs de participer à l’euro dès 1999 augmenter avec l’approbation de leurs stratégies pour y parvenir.
Mais la chasse aux déficits qui est nécessaire risque de se faire à leur détriment, puisque les pays riches ont décidé que le budget 1998 de l’UE devrait connaître une croissance zéro, ce qui implique un gel des aides aux pays les plus pauvres.
BRUXELLES, 12 Mai (Reuter). — Les partenaires européens du Royaume-Uni ont salué les «signaux» lancés sur la monnaie unique par le nouveau chancelier britannique de l’Echiquier Gordon Brown, qui a été plongé dans la préparation de l’Union économique et monétaire (UEM) pour ses grands débuts européens.Le nouveau «grand argentier» britannique a mis ses pas dans les empreintes laissées par son prédécesseur conservateur Kenneth Clarke, qui participait à toutes les discussions sur la monnaie unique comme si le Royaume-Uni allait en faire partie.Alors que la Grande-Bretagne a obtenu en 1991 le droit de ne pas participer à la monnaie unique, Gordon Brown a par exemple débattu de la forme de la pièce de 20 centimes et du métal qui serait utilisé avant d’adresser des «recommandations» aux pays qui ont entretenu...