En 2050, les Blancs d’origine européenne ne devraient plus constituer que 48% de la population américaine contre 70% actuellement, les Hispaniques un quart et les Noirs 12,5%, les Asiatiques, les Indiens d’Amérique et les métis formant près de 15%, précise cette projection.
En 1996, près d’une personne sur dix résidant sur le territoire américain était née à l’étranger, alors qu’il n’y en avait qu’une sur vingt en 1970, selon cette étude.
Le chiffre de 1996 ne constitue pas un record, puisqu’une personne sur sept était née à l’étranger en 1910.
Toutefois, alors qu’au début du siècle la plupart des immigrés étaient des Blancs d’origine européenne, ils sont aujourd’hui issus de régions très diverses, du Mexique aux Philippines, en passant par la Chine, Cuba ou l’Inde.
L’ouest des Etats-Unis, notamment la Californie, est d’ores et déjà la région la plus variée du pays ethniquement, tandis que, dans le nord-est, Noirs, Asiatiques et Latino-Américains se substituent progressivement aux Américains d’origine européenne, qui émigrent à l’ouest et au sud.
Jusqu’aux années 1960, des quotas limitaient l’immigration proportionnellement aux étrangers résidant déjà sur le territoire américain.
Mais le Congrès a révisé cette loi en 1965. Les nouveaux textes ont permis aux travailleurs dotés de compétences particulières ainsi qu’aux familles de citoyens naturalisés de rejoindre le sol américain. Par cette mesure, le Congrès pensait davantage favoriser l’immigration de travailleurs qualifiés que faciliter le regroupement familial, selon le démographe Richard Barrett.
«L’idée était que la plupart des immigrés faisant venir leur famille seraient européens», rappelle-t-il.
C’est pourtant le contraire qui s’est produit.
«Avec la première vague d’immigration (après 1965), nous avons récupéré les cerveaux du tiers-monde, explique M. Barrett. La vague suivante, au milieu des années 1970, a permis l’arrivée de leurs parents proches. Sont ensuite venus les parents de ces derniers, et le phénomène s’est étendu comme une pyramide».
La réaction des politiciens, qui ont récemment rétabli des limites à l’immigration, fait écho à la crainte des électeurs de voir une augmentation massive des impôts fédéraux, destinée à aider les nouveaux arrivants les plus démunis et leurs familles nombreuses.
«Une telle diversité n’a jamais existé auparavant ici, ni dans aucun autre pays», estime Philip Nyden, sociologue à l’université de Loyola, après la publication des derniers chiffres du Bureau du recensement.
Pour lui, la diversification de l’immigration aux Etats-Unis pose un défi à l’Amérique du XXIe siècle.
«La grande question pour le prochain siècle est la suivante: Quel type de société allons-nous avoir? Chaque communauté retranchée derrière ses propres murs, ou une société véritablement multi-ethnique?».


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