«Nous cherchons ensemble, musulmans et chrétiens, à contenir tout différend, à inculquer aux jeunes le respect mutuel et à vivre toujours dans la cordialité», a déclaré l’archevêque Bakhoum de la province de Sohag, à 500 kilomètres au sud du Caire qui compte plus de trois millions d’habitants dont environ un tiers sont des coptes.
Mgr Bakhoum a reçu la présidence honorifique d’une association musulmane de bienfaisance, «la mosquée de la foi», explique M. Harbi Abdel Hadi, membre du conseil d’administration.
«Il organise chaque année aux frais de l’archevêché des voyages en mer pour des familles musulmanes et chrétiennes afin de resserrer les liens d’amitié existant depuis des siècles», souligne M. Abdel Hadi.
A l’occasion de la fête de l’Adha, le 17 avril, Mgr Bakhoum a rendu visite aux orphelins musulmans de Sohag pour leur offrir des vêtements et des cadeaux. Le chef de «la mosquée de la foi», M. Farouk Bedewei, a offert des cadeaux similaires aux orphelins coptes pour Pâques, affirme M. Harbi.
En outre, l’archevêque Bakhoum vient d’offrir à l’association musulmane une importante bibliothèque contenant des milliers de livres, islamiques pour la plupart.
Pour M. Harbi, «les amis musulmans de l’archevêque sont beaucoup plus nombreux que ceux de confession chrétienne».
Modestement, Mgr Bakhoum affirme: «Ce que je fais c’est tout à fait normal, nous vivons tous ensemble depuis des siècles, au fil desquels nous avons appris qu’aucun différend ne devait influencer notre amitié solide».
Déclenchée en 1992 et circonscrite depuis plus de deux ans à la Haute-Egypte — où se trouve une importante communauté chrétienne — la violence intégriste vise en premier lieu les policiers, les coptes et les touristes occidentaux.
Sur les 1.170 victimes depuis 92 figurent plus de 110 coptes. Ces derniers constituent 5,8 pc de la population égyptienne estimée à plus de 60 millions.

