Dans une interview à Reuter, il précise que l’arrêt de la cession de France Télécom et de Thomson-CSF risque d’affaiblir ces deux entreprises face à la concurrence extérieure.
«Notre attitude est tout à fait pragmatique. Là où la concurrence est un élément d’amélioration de la qualité et d’abaissement des coûts, pourquoi s’en priver? C’est le cas de France Télécom», souligne-t-il.
«Mais là où il y a des intérêts stratégiques qui sont engagés — c’est le cas pour la SNCF et EDF — on prend des mesures pour rationaliser et abaisser les coûts sans modifier la structure du service public», ajoute-t-il.
Pour Franck Borotra, proche du président de l’Assemblée nationale sortante Philippe Séguin, l’Etat doit jouer un rôle de régulateur et remplir des missions régaliennes.
Mais, explique-t-il, «dans le domaine économique, il doit céder la place aux entreprises du secteur concurrentiel».
Il assure que l’ouverture du capital de France Télécom, prévue en mai mais reportée d’un mois pour cause d’élections, est une «condition absolument nécessaire» pour que l’opérateur soit «concurrentiel en France, en Europe et dans le monde».
Il ajoute que le lancement de la procédure, qui devrait rapporter entre 30 et 50 milliards de FF, aura bien lieu le 6 juin si la majorité remporte les législatives. «L’opération est prête. Il suffit que les élections se passent, qu’on les gagne pour qu’on appuie sur le bouton et que ça reparte».
Privatisation
d’EDF exclue
Le ministre de l’Industrie assure que l’arrêt de la privatisation, promis par les socialistes en cas de victoire, empêcherait France Télécom de valoriser ses atouts et pourrait marginaliser l’opérateur sur la scène internationale.
Il reproche au Parti socialiste d’avoir une position idéologique sur cette question. «Quand je constate dans la rue qu’il y a des gens qui utilisent des téléphones qui passent par le satellite, je voudrais qu’on m’explique comment on peut maintenir le monopole. Ça n’a plus aucun sens».
De même, il estime que le maintien de Thomson-CSF dans le secteur public pourrait «donner un coup mortel à l’industrie européenne de défense». Selon lui, la cession des 58% de l’Etat dans cette entreprise rapporterait «une douzaine de milliards».
«Aujourd’hui, si on veut favoriser la croissance de l’industrie d’électronique professionnelle et de défense, cette industrie doit s’organiser autour de Thomson-CSF avec des partenaires européens», dit-il en ajoutant que seul un groupe de dimension européenne serait «susceptible de résister à la pression de la concurrence des mastodontes américains».
Il rejette en revanche toute privatisation, même partielle, d’EDF. «C’est exclu pour une raison fondamentale qui tient au fait que la France a fait le choix de l’indépendance énergétique à partir de l’outil nucléaire. La responsabilité en termes de sûreté nucléaire est quelque chose que seul l’Etat peut assumer. Il n’y aura aucune ouverture du capital et aucune modification du statut de l’entreprise».
Franck Borotra dit s’interroger sur le financement des recapitalisations d’entreprises publiques comme le Crédit Lyonnais, le Gan, Giat Industries et Thomson Multimédia notamment si le Parti socialiste s’interdit, en cas de victoire, de recourir aux recettes de privatisations.


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