En dépit des avoirs de plus de 150 milliards de dollars placés en Europe par les six monarchies du Golfe, les investissements de l’UE dans la région sont à «un très bas niveau», a déclaré le secrétaire général de l’Union des Chambres de commerce et d’industrie des pays du CCG, Mohamed Al-Mulla.
«L’UE est le premier partenaire commercial du CCG, avec des échanges dépassant 35 mds USD en 1995», a ajouté M. Mulla dans une déclaration à l’agence officielle des Emirats WAM. Il a précisé que «les investissements du CCG en Europe dépassent les 150 mds USD».
«Ces chiffres mettent en évidence la solidité des relations entre le CCG et l’UE en dépit de l’existence de problèmes entravant cependant le renforcement de tels liens, notamment la croissance du déficit de la balance commerciale en faveur de l’Europe», a ajouté le responsable du CCG.
Selon lui, les problèmes portent également sur «la politique protectionniste adoptée par l’Europe face aux exportations pétrochimiques du Golfe, le bas niveau des investissements européens dans les pays du CCG et sur un projet de taxe sur l’énergie».
Les pays du Golfe ont demandé, à maintes reprises, à leur partenaire européen de revenir sur ce projet, soulignant qu’ils perdraient près de 20 mds USD d’ici l’an 2000 en cas d’application de la taxe sur l’énergie.
M. Mulla a indiqué que la balance commerciale avait enregistré un excédent de près de 12 mds USD en faveur de l’UE en 1995, après avoir été déficitaire au cours des premières années de 1980.
Des experts ont attribué l’excédent en faveur de l’Europe à la chute des cours du brut et à la croissance des exportations de l’UE vers le CCG — Arabie Séoudite, Koweit, Emirats arabes unis, Qatar, Oman et Bahrein —, qui produisent près du 5e de la production mondiale de pétrole.
Le CCG a tenté de réduire le déficit avec l’UE en augmentant ses exportations, mais ces plans ont été entravés par la taxe douanière importante imposée par l’Europe aux exportations pétrochimiques du Golfe.
L’UE et les pays du Golfe sont en négociations depuis plus de neuf ans pour l’unification des tarifs douaniers des pays du CCG et la création d’un marché commun local, pour pouvoir conclure un accord de libre-échange avec l’Europe.
M. Mulla a en outre indiqué que des hommes d’affaires du CCG et de l’UE devaient se réunir du 20 au 22 mai à Ryad pour examiner la réalisation de projets communs et les moyens d’augmenter les exportations vers l’Europe.


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