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Actualités - Chronologie

Les esclaves de la mondialisation

PARIS, 4 Mai (AFP). — Les jeans, les T-shirts d’Europe sont-ils fabriqués par des enfants en Asie, des syndicalistes victimes de violences, des prisonniers d’opinion soumis au travail forcé? C’est la question qu’associations et syndicats de 13 pays européens invitent les consommateurs à se poser, avec une journée de sensibilisation sur les «esclaves de la mondialisation».
Ces 43 organisations en France (Artisans du Monde, Familles Laïques, Ligue des droits de l’homme, le syndicat socialisant CFDT, Confédération syndicale des familles...), regroupées sous le label «Libère tes fringues», ont lancé samedi une campagne de pétitions, relayée dans 13 pays européens par le réseau NEWS («Network of european world shops», solidarité avec le tiers-monde).
Il s’agit d’exiger des marques qu’elles respectent les droits fondamentaux définis par le Bureau international du travail (BIT): pas d’enfants au travail, pas d’esclavagisme ni de discriminations, respect des lois, protection minimale des salariés, syndicalisme libre.
En France, les consommateurs ont été sollicités dans les rues commerçantes de 60 villes. Il est aussi prévu des pétitions en Espagne, aux Pays-Bas et en Belgique, des défilés de mode ou expositions en Allemagne, ont indiqué les organisateurs.
Cette journée d’action marque l’arrivée en Europe d’une méthode largement utilisée par le consommateur américain pour faire plier de grandes marques: GAP ou Levi’s ont ainsi accepté le contrôle de la «qualité sociale» de leurs produits.
Pour le moment, «l’optique», explique Artisans du Monde, «n’est pas de faire du boycott» mais d’agir en consommateurs «positifs», en poussant à l’adoption de règles éthiques qu’elles ont élaborées. Sollicitées depuis 1995, les grandes surfaces «Carrefour et Auchan envisagent un code de conduite» et des «contacts» sont en cours avec le grand magasin de vente par correspondance La Redoute et le chausseur André.
A la recherche des plus bas coûts, les entreprises textiles occidentales se fournissent massivement auprès de multiples sous-traitants en Asie du Sud-Est. Il s’agit donc de vérifier si, au nom de la rentabilité, ces distributeurs ne ferment pas les yeux sur des atteintes inacceptables aux droits du travail.
Car dans les usines d’Indonésie, l’activité syndicale vaut de se faire battre, licencier, emprisonner, voire... assassiner, rappellent syndicats et associations.
En Corée du Sud, on interdit fréquemment grèves ou manifestations. Il existe des centaines de camps de travail forcé (Birmanie, Chine) et des millions d’«enfants esclaves» (Inde, Pakistan).
Dans les régions industrielles, les Chinoises de Shenzhen, Zhuhai ou Dongguan, ajoutent-elles, on ne compte plus les heures supplémentaires non payées ou inférieures au taux légal, les journées de 14h, les violations des réglementations sur les salaires, les substances toxiques.
Quant aux salaires, ils restent dérisoires: selon l’organisation Christian Aid, un coût du travail est 9F (1F= 0,17 dollar) sur une paire de chaussures de sport confectionnée en Thaïlande, et de moins de 4 F en Chine. Seul 1% du budget publicitaire du géant américain Nike ferait sortir 10.000 travailleurs indonésiens de pauvreté.
Enfin, ces organisations jugent «insuffisants», au regard des normes occidentales et internationales, certains codes de conduite «coups de pub» adoptés par de grandes marques, sans aucun contrôle indépendant chez les sous-traitants.
Elles «se donnent un slogan, une image humanistes», indiquent-elles, mais sur les chaînes de fabrication, «la réalité est tout autre».
PARIS, 4 Mai (AFP). — Les jeans, les T-shirts d’Europe sont-ils fabriqués par des enfants en Asie, des syndicalistes victimes de violences, des prisonniers d’opinion soumis au travail forcé? C’est la question qu’associations et syndicats de 13 pays européens invitent les consommateurs à se poser, avec une journée de sensibilisation sur les «esclaves de la mondialisation».Ces 43 organisations en France (Artisans du Monde, Familles Laïques, Ligue des droits de l’homme, le syndicat socialisant CFDT, Confédération syndicale des familles...), regroupées sous le label «Libère tes fringues», ont lancé samedi une campagne de pétitions, relayée dans 13 pays européens par le réseau NEWS («Network of european world shops», solidarité avec le tiers-monde).Il s’agit d’exiger des marques qu’elles respectent les...