Le comité intérimaire, l’instance d’orientation politique du Fonds, a estimé qu’un système «ouvert et libéral» de mouvements de capitaux était bénéfique pour l’économie mondiale.
Il a donc donné son feu vert pour amender les statuts du Fonds adoptés à Bretton Woods en 1944 afin de lui donner pour mission d’encadrer le mouvement de libéralisation des capitaux, étendant ainsi considérablement les pouvoirs de l’institution.
Jusqu’à présent le FMI n’avait compétence que pour encourager la liberté des paiements des transactions courantes (échanges de biens et services). Or les flux de capitaux privés vers les pays en développement ont été multipliés par six depuis le début de la décennie à quelque 250 milliards de dollars par an.
Les pays du FMI sont tombés d’accord pour que cette ouverture se fasse progressivement et soit conditionnée à la mise en œuvre de politiques économiques stables et à l’existence de systèmes bancaires solides. Des périodes de transition devront être prévues et des restrictions rétablies temporairement en cas de crise.
Ce souci de prudence est «universellement» partagé, a souligné Michel Camdessus, le directeur général du Fonds. Le FMI a encore en mémoire la crise mexicaine de 1994 qui a conduit à mobiliser 50 milliards de dollars en quelques semaines pour éviter que l’incendie ne se propage à l’ensemble du système financier international.
C’est aussi pourquoi le Fonds va devoir renforcer sa surveillance sur les systèmes bancaires et financiers, dont les accidents peuvent avoir des effets dévastateurs pour la croissance. M. Camdessus a exprimé sa préoccupation devant la fragilité financière: la «prochaine crise systémique (suscitant des réactions en chaîne) sera une crise bancaire», a-t-il averti.
Mais le FMI ne dispose pas encore d’une assise financière suffisante pour affronter l’accélération de la mondialisation. Ses membres n’ont toujours pas réussi à se mettre d’accord sur une nouvelle allocation de droits de tirage spéciaux (DTS), la monnaie de réserve du FMI, alors que 39 pays qui ont récemment adhéré au FMI n’en ont jamais bénéficié.
Une majorité de pays souhaite une allocation de 22,4 milliards de DTS qui permettrait à tous d’avoir en réserve l’équivalent de 30% de leur quote-part dans le capital du Fonds, selon le président du comité intérimaire Philippe Maystadt. Mais certains ne veulent pas aller au-delà de 20 milliards. «Nous n’avons pas réussi à combler le fossé», a constaté M. Maystadt.
Le désaccord subsiste aussi sur le montant de l’augmentation substantielle du capital du FMI, ardemment souhaitée par M. Camdessus. La répartition devrait être aux deux-tiers proportionnelle aux quote-parts actuelles, selon M. Maystadt. Un traitement spécial sera en outre réservé à 5 à 10 pays — dont l’Allemagne réunifiée et le Japon — afin que leur quote-part reflète leur poids croissant dans l’économie mondiale.
Le FMI s’est enfin montré résolument optimiste sur l’évolution de la croissance mondiale, prévue en hausse de 4,4% en 1997 et 1998.
S’il s’est félicité du raffermissement du dollar face au yen (+60%) et au mark (+28%) survenu depuis avril 1995, il a repris à sa résurgence des excédents commerciaux japonais et de stabiliser la parité de la monnaie nippone à ses niveaux actuels.
Tout en poussant l’Europe à lutter contre le chômage en assouplissant son marché du travail, le FMI s’est félicité de la marche vers l’euro qui «contribuera à la stabilité du système monétaire international».
Les questions en suspens ont été renvoyées à la prochaine réunion du comité intérimaire le 21 septembre, à «Hong Kong, Chine», comme le précisent les documents remis aux journalistes qui décrivent avec minutie le déroulement de l’assemblée annuelle du FMI et de la Banque mondiale.


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