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Actualités - Chronologie

Les mères de la place de mai tournent toujours

BUENOS AIRES, 29 Avril (AFP). — Vingt ans après leur première marche de protestation, et alors que la démocratie est revenue en Argentine depuis 1983, les «Mères de la Place de Mai» tournent toujours, tous les jeudis, devant le siège du gouvernement, en plein cœur de Buenos Aires.
«Il s’agit désormais d’une protestation contre l’injustice, en faveur des disparus d’hier, d’aujourd’hui et pour ceux de demain», explique à «l’historique» Hebe de Bonafini, le foulard blanc noué sur la tête.
Tout a commencé en 1977, un an après le coup d’Etat militaire ayant renversé Isabel Martinez de Peron. Au fil des heures, des jours et des semaines passés, en vain, dans les multiples et interminables dédales de l’administration argentine, un groupe de femmes a fini par faire connaissance. Il est vrai qu’elles avaient toutes le même objectif: la recherche désespérée d’un familier mystérieusement porté disparu dans les premières semaines d’une sanglante dictature qui devait durer près de huit ans.
Lassées par l’indifférence des autorités, alors que la répression faisait rage, ces femmes décidaient de descendre dans la rue. Cette démarche, presque banale aujourd’hui, dénotait un courage, ou une inconscience certaine, à une époque dont on ne devait découvrir les horreurs que plusieurs années plus tard. Officiellement les autorités argentines reconnaissent en effet 10.000 disparus, mais les organisations humanitaires chiffrent à 30.000 le nombre de personnes enlevées, torturées et exécutées dans les casernes.

Deux branches

Le foulard blanc, avec le nom de leurs enfants disparus brodés dessus, «les Mères de la Place de Mai» ont entamé le jeudi 30 avril 1977 leur ronde inlassable autour de la pyramide de la Place de Mai. Depuis, elles n’ont jamais manqué un jeudi. Azucena Flores, elle-même portée disparue pendant la dictature, Hebe de Bonafini, Maria Adela Antokoletz, Nora Cortinas et Elida de Galleti, ont désormais gagné leur place dans les livres d’histoire argentins.
Transformé en 1979 en association dont le but est d’obtenir «l’apparition en vie de tous les détenus disparus», «les Mères de la Place de Mai» ont fait connaître leur mouvement aux quatre coins du monde, à la recherche «d’un soutien international» et pour que «le monde entier découvre la réalité de ce pays». Depuis, elles poursuivent leur protestation. Et même si leur mouvement a éclaté en deux branches, les «traditionnelles» de Bonafini et «les Mères ligne fondatrice» de Cortinas, elles se retrouvent toujours unies dans les grands moments, notamment quand il s’agit de condamner les mesures de grâce dont ont bénéficié les chefs militaires.
«Au fil du temps, nous avons conscience que notre mouvement s’est radicalisé. Mais, cela est inévitable pour dénoncer un système injuste qui marginalise la majorité et impose des réponses radicales», affirme avec force Hebe de Bonafini, qui refuse toujours tout soutien financier des partis politiques. «Le 30 avril, mercredi, nous fêterons le fait d’avoir eu la force de poursuivre la lutte pendant tout ce temps. Mais, le lendemain, jeudi, nous nous retrouverons Place de Mai pour nos fils disparus mais aussi pour tous les autres jeunes victimes de la violence policière».
Symbole de la lutte contre la répression, Hebe de Bonafini, qui dérange toujours, refuse «l’impunité» et répète inlassablement: «Nous n’oublierons jamais et nous ne pardonnerons pas».
BUENOS AIRES, 29 Avril (AFP). — Vingt ans après leur première marche de protestation, et alors que la démocratie est revenue en Argentine depuis 1983, les «Mères de la Place de Mai» tournent toujours, tous les jeudis, devant le siège du gouvernement, en plein cœur de Buenos Aires.«Il s’agit désormais d’une protestation contre l’injustice, en faveur des disparus d’hier, d’aujourd’hui et pour ceux de demain», explique à «l’historique» Hebe de Bonafini, le foulard blanc noué sur la tête.Tout a commencé en 1977, un an après le coup d’Etat militaire ayant renversé Isabel Martinez de Peron. Au fil des heures, des jours et des semaines passés, en vain, dans les multiples et interminables dédales de l’administration argentine, un groupe de femmes a fini par faire connaissance. Il est vrai qu’elles...