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Actualités - Chronologie

L'opposition péruvienne refuse tout chèque en blanc à Fujimori

LIMA, 29 Avril (AFP). — L’opposition refuse de donner un «chèque en blanc» au gouvernement du président Alberto Fujimori, après le «succès» de la libération des otages, craignant une exploitation politique des partisans du chef de l’Etat.
«De sa propre initiative», le ministre de l’Intérieur César Saucedo a décidé de se rendre mercredi au Congrès, pour expliquer «en détails» l’opération militaire qui a permis la libération des otages du commando du Mouvement Révolutionnaire Tupac Amaru (MRTA), a-t-on appris.
L’intervention des 140 hommes des unités d’élite de l’armée contre la résidence de l’ambassadeur du Japon, où était retranché le commando avec 72 otages, a fait un total de 17 morts, l’un des otages, magistrat de la Cour suprême, deux officiers et les 14 membres du commando.
Plusieurs zones d’ombres subsistent sur les circonstances exactes de la mort de certains membres du commando. Les témoignages des otages libérés sont parfois contradictoires. Des otages japonais ont ainsi déclaré que deux membres du commando avaient été exécutés après leur reddition, une version catégoriquement démentie par le président Fujimori lui-même.
La mort de ces 17 personnes «est le résultat et la démonstration du terrorisme d’Etat» du président Fujimori, affirme le sociologue péruvien Anibal Quijano, dans un très virulent article publié dans le quotidien d’opposition «La Republica».
Connu pour ses travaux en Amérique latine, le sociologue estime que la longue et sophistiquée préparation de l’opération militaire, avec notamment la construction d’un tunnel sous la résidence diplomatique, démontre que le gouvernement «n’a jamais eu l’intention réelle de négocier pour parvenir à une solution pacifique».

«Infection purulente»

Rappelant qu’il n’a «jamais eu de sympathie pour quelque forme de terrorisme», Anibal Quijano craint que cette prise d’otages et son dénouement «servent à bloquer la résistance qui commençait à se constituer» contre le régime du président Fujimori.
Plusieurs membres de l’opposition estiment que «si le succès a couronné l’intervention militaire et augmenté le prestige du gouvernement, la population ne lui a pas pour autant donné un chèque en blanc». Ils dénoncent aussi la volonté de la majorité de voir le président Fujimori se présenter pour un troisième mandat en l’an 2000.
«Le professionnalisme de l’armée est une chose et les mauvais éléments qui assassinent et dépècent en sont une autre», souligne un ancien parlementaire.
Ces dernières semaines, le corps d’un agent du service de renseignement de l’armée (SIE), Mariela Barreto, a été retrouvé décapité et les mains coupées. Une autre femme, sous-officier du SIE, Leonor La Rosa, a été torturée par des agents de son service.
Il y a quinze jours, la coalition de l’opposition Union pour le Pérou (UPP) avait dénoncé «une infection purulente au sein des institutions». L’UPP, dirigée par l’ancien secrétaire général de l’ONU Javier Perez de Cuellar, avait réclamé au Parlement la démission du cabinet d’Alberto Pandolfi.
Proche du gouvernement et partisan de la plus grande fermeté contre les «terroristes» du MRTA durant les 126 jours de la prise d’otages, le quotidien «Expreso» tire lui aussi les «leçons» de cette crise et prône désormais une politique modérée de «pacification».
L’éditorialiste d’«Expreso», Jaime de Althaus, estime que «le moment est venu» de donner un délai défini aux groupes subversifs du Sentier lumineux (maoïste) et du MRTA pour qu’ils déposent les armes, se rendent «ou s’intègrent à la légalité, en échange d’une réduction ou suppression de peine de prison».
LIMA, 29 Avril (AFP). — L’opposition refuse de donner un «chèque en blanc» au gouvernement du président Alberto Fujimori, après le «succès» de la libération des otages, craignant une exploitation politique des partisans du chef de l’Etat.«De sa propre initiative», le ministre de l’Intérieur César Saucedo a décidé de se rendre mercredi au Congrès, pour expliquer «en détails» l’opération militaire qui a permis la libération des otages du commando du Mouvement Révolutionnaire Tupac Amaru (MRTA), a-t-on appris.L’intervention des 140 hommes des unités d’élite de l’armée contre la résidence de l’ambassadeur du Japon, où était retranché le commando avec 72 otages, a fait un total de 17 morts, l’un des otages, magistrat de la Cour suprême, deux officiers et les 14 membres du commando.Plusieurs...