Si l’accord électoral de mars entre le PS et les Verts attend surtout que les instances nationales haussent le ton face à des responsables locaux réticents, l’accord anti-Front national négocié par l’ensemble de la gauche pour une dizaine de circonscriptions rencontrait des difficultés plus sérieuses.
Un responsable des Verts a confié qu’il nécessiterait de nouvelles séances de pourparlers lundi et mercredi prochains. Il en a rejeté la responsabilité essentiellement sur le PCF.
«Le Parti communiste veut être présent sur un maximum de circonscriptions pour se compter», a déclaré ce responsable.
Il a évoqué notamment la 8e circonscription de Seine-Saint-Denis où Jean-Luc Bennahmias, l’un des porte-parole des Verts, devrait être le candidat unique de la gauche pour faire barrage au Front national.
L’accord électoral le plus important pour les Verts reste celui passé avec le PS et censé leur garantir le soutien des socialistes dans 30 à 32 circonscriptions.
En contrepartie, environ 70 candidats socialistes seront soutenus par les Verts, qui présenteront en outre 400 candidats sous leurs propres couleurs.
Allez vous faire f...
«Souvent, que ce soit chez nous ou chez les socialistes, les copains des fédérations n’acceptent pas les accords au sommet et nous disent: «Allez vous faire f...», a noté en riant un responsable des Verts.
Selon lui cependant, les directions des deux partis sont prêtes, si nécessaire, à procéder à des exclusions pour faire respecter l’accord national dans les «quatre ou cinq» circonscriptions qui posent encore problème, dans la Drôme, la Gironde, le Val de Marne, à Paris et dans l’Essonne.
Echaudés en 1993, les dirigeants verts préfèrent ne pas prendre de paris sur leur score aux législatives du 25 mai et du 1er juin, même si Yves Cochet, un des porte-parole des Verts, avoue rêver à un «nombre à deux chiffres».
Grâce à ces accords électoraux, «pour la première fois, on pourra voter Verts et utile», plaisante-t-il.
Quant à la présence de ministres écologistes dans un gouvernement d’alternance, il est vain de l’évoquer avant le soir du deuxième tour, note Dominique Voynet, qui participera dimanche à une manifestation contre le canal Rhin-Rhône, à Montbeliard.
«On ne vise pas un groupe parlementaire (20 députés), il faut être lucide, ajoute-t-elle. Je pense qu’on peut être entre cinq et dix à l’Assemblée».


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