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Actualités - Chronologie

D'anciens communistes raillent la loi des Mollahs

TALUQAN (Afghanistan), 28 Avril (AFP). — «Maintenant les mollahs sont dans la ville», déclare un marchand de fourrures de Taluqan, dans le nord de l’Afghanistan. Pourtant ce n’est pas à la milice des Taliban que cet homme pense mais bien au gouvernement renversé de Burhanuddin Rabbani.
Les partisans du président Rabbani se sont établis dans cette ville de la province de Takhar, à 420 kilomètres au nord de Kaboul, après avoir été chassés de la capitale en septembre 1996.
«Rien n’a changé, l’ignorance demeure», constate pour sa part un ami du marchand.
Les deux hommes, anciens membres du Parti démocratique populaire d’Afghanistan, brocardent ouvertement aussi bien les Taliban que Rabbani, qualifiés d’intégristes responsables d’un véritable retour en arrière dans le pays.
«L’Afghanistan sous la direction de ces leaders avance d’un pas et recule de deux», estiment-ils.
Le Parti démocratique populaire d’Afghanistan, plus tard connu sous le nom du Parti du Watan (de la Patrie), a participé au régime communiste, renversé en avril 1992 par les Moudjahidin, les «combattants musulmans de la liberté».
Dimanche dernier marquait le 19e anniversaire de la prise du pouvoir par les communistes en Afghanistan, le 27 avril 1978: la «révolution Saur».
En 1979 l’armée soviétique était appelée pour «aider au maintien de la sécurité». Elle devait rester 10 ans sur le sol afghan.

Echapper aux khans
Cette occupation a entraîné indirectement une guerre civile sanglante entre les différentes factions islamiques créées pour combattre les Soviétiques, sous la bannière des Moudjahidin. Dernier épisode en date à ce conflit toujours d’actualité: la lutte entre les Taliban et les troupes loyales à Rabbani.
«Il est athée», explique le marchand de fourrures à propos de son ami, un commerçant. Et les deux hommes se regardent en souriant.
Un aveu audacieux alors que la punition réservée aux apostats est la mort selon la loi islamique.
Les deux anciens communistes ne se décrivent cependant pas comme des idéologues fervents mais plutôt comme des nationalistes souhaitant voir s’accélérer le développement de leur pays.
«Nous ne nous souciions peu de la philosophie marxiste-léniniste du régime, nous l’acceptions seulement comme une voie vers le progrès», expliquent-ils.
«Nous soutenions les communistes pour échapper aux griffes de l’ignorance, au retour en arrière et à une poignée de khans» (propriétaires féodaux), poursuit le commerçant.
Tous deux ont été déçus, finalement plus parce qu’ils ont perdu un statut de pouvoir et de prestige acquis sous le régime communiste que pour l’Afghanistan.
«Il était officier», dit le commerçant de son ami.
L’officier est assez clément quant au commandant des forces du président Rabbani, Ahmed Shah Massoud.
«Il est bon comparativement. Ce sont ses subalternes qui ont commis des atrocités contre le peuple», estime-t-il.
Massoud, qui a annoncé une offensive prochaine contre les Taliban, est en train de réorganiser ses troupes, de tenter de les rediscipliner afin notamment qu’elles puissent regagner la confiance de la population.
Selon l’officier, qui affirme avoir quitté Kaboul après que les Taliban eurent demandé à vérifier s’il s’était rasé les poils pubiens, c’est justement de «discipline» dont l’Afghanistan manque.
Pour lui, la seule chose à raser dans le pays est la barbe des hommes, ce qui, comme la musique, la télévision, le cinéma ou les magazines illustrés est formellement interdit par les Taliban.
TALUQAN (Afghanistan), 28 Avril (AFP). — «Maintenant les mollahs sont dans la ville», déclare un marchand de fourrures de Taluqan, dans le nord de l’Afghanistan. Pourtant ce n’est pas à la milice des Taliban que cet homme pense mais bien au gouvernement renversé de Burhanuddin Rabbani.Les partisans du président Rabbani se sont établis dans cette ville de la province de Takhar, à 420 kilomètres au nord de Kaboul, après avoir été chassés de la capitale en septembre 1996.«Rien n’a changé, l’ignorance demeure», constate pour sa part un ami du marchand.Les deux hommes, anciens membres du Parti démocratique populaire d’Afghanistan, brocardent ouvertement aussi bien les Taliban que Rabbani, qualifiés d’intégristes responsables d’un véritable retour en arrière dans le pays.«L’Afghanistan sous la direction...