Né le 28 juillet 1938 à Lima, Alberto Fujimori, fils d’un pauvre planteur d’oranges japonais arrivé au Pérou en 1919, est sorti en 1969 de l’université de Lima avec un diplôme d’ingénieur agronome, et est docteur des universités du Wisconsin (Etats-Unis).
Enseignant à l’université de La Molina (Lima), il en est recteur en 1984, et devient trois ans plus tard président de la conférence des recteurs du Pérou.
En 1989, il crée son mouvement politique, «Cambio 90» (Changement 90). Lors des élections présidentielles d’avril 1990, il crée la surprise en battant au second tour l’écrivain Mario Vargas Llosa.
Un mois après son investiture, il rompt avec la modération de sa campagne électorale en lançant un plan économique draconien pour réduire l’inflation, qui déclenche des troubles violents.
Dans la nuit du 5 au 6 avril 1992, avec l’appui des forces armées, le président dissout le Parlement et la cour suprême, et destitue 500 magistrats, invoquant l’obstruction de la classe politique et la corruption de la justice qui mettent en péril son programme anti-inflationniste et sa politique de lutte contre le trafic de drogue et le terrorisme.
Cet «auto-coup d’Etat» («autogolpe») est soutenu par l’immense majorité de la population. En septembre, il remporte un succès avec la capture d’Abimaël Guzman, leader de la guérilla maoïste du Sentier lumineux.
La pression internationale le contraint à convoquer des élections. L’alliance gouvernementale remporte la majorité absolue des sièges à l’assemblée constituante élue en novembre, grâce au boycott d’une partie de l’opposition, et les diverses sanctions économiques internationales sont peu à peu levées.


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