«Des heures de travail excessives et épuisantes sont devenues la norme de l’industrie (du spectacle) et nous partageons tous la responsabilité» de cette situation, déclare le texte de la pétition qui, selon le «Los Angeles Times», a été notamment signée par Julia Roberts, Kenneth Branagh, Milos Forman, Mike Nichols et Robert Altman.
«Nous demandons (...) à cette industrie de limiter notre journée de travail à quatorze heures», ce qui «améliorera notre efficacité et notre moral et permet une journée suffisamment productive», ajoutent les signataires.
Ce mouvement a été suscité par la mort, le 6 mars, de Brent Hershman, assistant cameraman décédé dans un accident de la route après s’être apparemment endormi au volant alors qu’il rentrait chez lui à 2h. du matin après dix-neuf heures passées sur le tournage d’une comédie intitulée «Pleasantville».
Peu après cet accident, un chef opérateur, Haskell Wexler, qui est aussi vice-président de la Guilde Internationale des preneurs de vue, a acheté un espace publicitaire dans le journal professionnel «Daily Variety» pour demander «un traitement humain des humains».
Pressions
économiques
L’équipe du tournage de «Pleasantville» faisait quant à elle circuler une pétition, baptisée la «règle de Brent» en hommage au cameraman mort, qui s’est étendue à l’ensemble de la profession. A la fin du mois de mars, une pétition similaire, demandant une journée de travail limitée à 13 heures, était lancée sur le tournage du feuilleton télévisé «Star Trek: Deep Space Nine».
Le mouvement a été récemment soutenu par la Guilde des acteurs de cinéma et la Guilde des metteurs en scène a nommé une commission pour étudier les problèmes de sécurité liés à la longueur des journées de travail.
«Aucune autre industrie considérerait une journée de 12 ou 14 heures comme normale, sans même parler de l’acceptation de période de travail de 17 ou 18 heures», a déclaré au «Los Angeles Times» Richard Masur, président de la Guilde des acteurs.
«Nous pouvons tous accomplir une journée de 16 heures, mais quand on en fait quatre ou cinq, c’est au-delà de vos forces», a renchéri Gene Reynolds, président de la Guilde des réalisateurs.
Toutefois, selon des sources au sein des studios de production, citées récemment par «Daily Variety», les pressions économiques sont telles qu’il ne faut pas attendre de grands changements dans les habitudes de travail de Hollywood.
Confrontés à des dates de sortie liées au lancement de gigantesques campagnes de marketing, les studios préfèrent payer de couteuses heures supplémentaires pour achever un film à la date voulue. De la même façon, en télévision, il est moins onéreux de payer des heures supplémentaires que de prévoir une nouvelle journée de tournage.
Actuellement, les règles syndicales prévoient qu’après huit heures de travail, l’heure supplémentaire est payée 50% de plus. Après douze heures, l’heure de travail est doublée.


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