Cent seize observateurs, venus de pays de l’Union européenne, des Etats-Unis, de Norvège, de Pologne, de Russie, d’Indonésie, d’Algérie, du Liban, de Bahrein et d’Egypte seront à pied d’œuvre dimanche.
Ils rejoignent quelque 18.000 observateurs locaux qui surveilleront à travers tout le pays ce scrutin pour lequel plus de 4,6 millions d’électeurs sont inscrits.
Toutes les opérations de surveillance sont coordonnées avec les Nations Unies et les Pays-Bas, premier donateur étranger pour le Yémen qui est classé par l’ONU parmi les pays les moins avancés du monde.
Le Yémen, unifié en 1990, a élu pour la première fois en 1993 un Parlement de 301 membres qui ont confirmé à la présidence le général Ali Abdallah Saleh, porté au pouvoir au Yémen du Nord par un coup d’Etat militaire en 1978.
Les élections de dimanche seront les premières depuis la guerre qui a déchiré le pays pendant deux mois quand le Sud a tenté de faire sécession en 1994.
Ces observateurs se félicitent du climat «démocratique» en dépit de la violente rivalité entre les deux partenaires de la coalition gouvernementale, le Congrès populaire général (CPG) du chef de l’Etat et le parti islamiste Al-Islah.
L’échange d’accusations entre les douze partis participant aux élections est une «question inévitable, qui ne devrait pas minimiser l’importance» du processus démocratique, a estimé sous couvert de l’anonymat un des observateurs étrangers.
Pour sa part, l’ambassadeur des Pays-Bas à Sanaa, M. Arend Meerburg, a estimé que les «élections pourraient ne pas être parfaites». «Mais l’essentiel c’est qu’elles se tiennent plus librement que dans d’autres pays de la région», a-t-il ajouté.
Après avoir souligné «le sérieux de l’expérience démocratique» au Yémen en dépit de certaines violations dénoncées par la presse, un diplomate occidental a estimé que cela était «inévitable dans un pays non encore habitué à la démocratie».
La campagne électorale pour ces élections a débuté lundi dernier. Plus de 3.600 candidats se disputent les 301 sièges du nouveau Parlement.
Mme Olga Milosavljevic, responsable de l’Institut démocratique national, basé à Washington, a souligné l’importance pour la «communauté internationale d’accorder un intérêt primordial à l’expérience démocratique au Yémen».
«Il ne s’agit pas d’octroyer un certificat de bonne conduite démocratique» aux Yéménites, mais «nous devons encourager le gouvernement à progresser dans le domaine» démocratique, a déclaré un responsable de l’ONU.
«La présence d’observateurs empêchera la fraude électorale à grande échelle et aidera à établir un climat de confiance parmi les électeurs», a ajouté ce responsable, sous couvert de l’anonymat.

