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Actualités - Chronologie

Les syndicats craignent un infléchissement libéral

PARIS, 22 Avril (Reuter). – Les syndicats ont exprimé mardi de manière quasi unanime leur défiance face à un éventuel infléchissement libéral de la politique économique de la France et une réduction du rôle de l’Etat à la faveur des élections législatives anticipées.
«La dissolution de l’Assemblée nationale, lorsqu’on détient la majorité que l’on sait, est un aveu d’échec ou pour le moins d’impuissance, déclare Force ouvrière dans un communiqué. La dissolution ne fera pas taire le mécontentement des salariés.»
«La marche forcée vers une application stricte des critères européens de convergence économique risque de conduire à de nouvelles décisions d’austérité dont les travailleurs actifs, chômeurs et retraités vont faire les frais», ajoute-t-elle.
«Bien entendu, les salariés refuseraient un plan d’austérité qui ne ferait qu’accroître le déficit social actuel», dit FO.
Sans donner de consigne de vote, la confédération de Marc Blondel réclame «un changement de politique économique, conforme aux valeurs républicaines, ce qui suppose la consolidation du pouvoir d’achat, une relance de l’activité et des services publics qui correspondent aux besoins».
Pour la CFDT, la dissolution de l’Assemblée «ne change pas la nature des problèmes», qui demeurent l’exclusion, l’emploi des jeunes, la protection sociale.
La centrale de Nicole Notat note qu’elle reste «attachée à la construction européenne et à ses grands rendez-vous» mais souhaite «une Europe qui mette les politiques de l’emploi au même niveau que les politiques économiques et monétaires».
Selon Louis Viannet, secrétaire général de la CGT, «la campagne électorale aura lieu à la sauvette. C’est un pied de nez à la démocratie».
La CGT promet de maintenir la pression sur le terrain social pendant la campagne électorale.

«Discours dogmatique»

Pour la CFTC, c’est «une bonne chose que les Français puissent se prononcer sur la politique à mener pour faire face aux enjeux économiques et sociaux, qui sont majeurs».
Alain Deleu, secrétaire général de la confédération, note que «la mutation mondiale» est à l’origine de la crise traversée par une France coupée en deux: d’un côté, «une France qui travaille de plus en plus et qui est de plus en plus soumise aux exigences et aux rythmes que l’entreprise leur impose» et de l’autre, «une France qui est condamnée à dépendre de plus en plus des subsides de la solidarité».
La CFE-CGC, de son côté, s’élève clairement «contre toute dérive ultra-libérale».
«Deux ans après son élection, le chef de l’Etat a choisi de rouvrir les débats sur les orientations fondamentales de la politique du pays. La CFE-CGC entend que ce soit l’occasion de trouver de réelles solutions aux problèmes centraux du chômage et de la cohésion sociale», ajoute la confédération des cadres.
L’UNSA (Union nationale des syndicats autonomes) estime que la défense des valeurs de la République est «incompatible avec le discours dogmatique du «moins d’Etat» qui fut celui du président de la République» lundi soir.
«Plus que jamais, un Etat fort, un Etat régulateur, un Etat garant de la cohésion sociale est indispensable. Plus que jamais, il est indispensable de dire à nos concitoyens que la sécurité a un prix, que l’éducation a un prix, que la protection sociale a un prix (...), et qu’ils paieront au prix fort, dans leur vie quotidienne, la baisse des dépenses publiques», juge-t-il.
Sud-PTT demande une «réduction massive du temps de travail» avec maintien des salaires pour soutenir la demande et mieux lutter contre le chômage.
PARIS, 22 Avril (Reuter). – Les syndicats ont exprimé mardi de manière quasi unanime leur défiance face à un éventuel infléchissement libéral de la politique économique de la France et une réduction du rôle de l’Etat à la faveur des élections législatives anticipées.«La dissolution de l’Assemblée nationale, lorsqu’on détient la majorité que l’on sait, est un aveu d’échec ou pour le moins d’impuissance, déclare Force ouvrière dans un communiqué. La dissolution ne fera pas taire le mécontentement des salariés.»«La marche forcée vers une application stricte des critères européens de convergence économique risque de conduire à de nouvelles décisions d’austérité dont les travailleurs actifs, chômeurs et retraités vont faire les frais», ajoute-t-elle.«Bien entendu, les salariés...