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Actualités - Chronologie

L'armée belge éclaboussée par le scandale des paras de la honte

BRUXELLES, 21 Avril (AFP). — L’armée belge, deux ans après son homologue canadienne, se retrouve éclaboussée par des accusations de sadisme portées contre plusieurs de ses parachutistes engagés en 1993 dans l’opération «Restore Hope» en Somalie.
Le ministre belge de la Défense, Jean-Pol Poncelet, a promis de radier de l’armée les responsables et envisage de dissoudre leur unité si les exactions s’avéraient dépasser le cadre d’actes isolés.
Deux paras belges ont déjà été interpellés dans le cadre d’une enquête ouverte début avril par la cour militaire de Bruxelles et l’un d’entre eux, soupçonné d’avoir maltraité des enfants somaliens, a été écroué.
Selon la presse, une perquisition a aussi été effectuée chez un troisième militaire, actuellement en mission au Congo, où la Belgique a déployé le 25 mars 550 soldats en vue d’une éventuelle évacuation de ses ressortissants au Zaïre.
A l’origine du scandale, la publication ces dernières semaines dans le quotidien flamand «Het Laatste Nieuws» des témoignages de deux ex-paras du contingent belge de «Restore Hope»: ils accusent leurs compagnons d’armes de multiples exactions, appuyés par une série de photos accablantes.
Particulièrement choquants, certains clichés montrent notamment un para en train d’uriner sur la dépouille d’un Somalien, ainsi que plusieurs autres torturant une de leurs victimes au-dessus d’un feu ou forçant un enfant à boire son vomi.
Selon Marco X., l’un des deux militaires accusateurs, dont les identités complètes n’ont pas été révélées, l’homme figurant sur la première photo aurait été abattu fin 1993 près de Kismayo (sud de la Somalie) par des membres du 3e bataillon parachutiste belge de Tielen (nord de la Belgique).
Parmi les autres exactions dénoncées, un petit Somalien surpris en train de voler de la nourriture serait mort après avoir passé deux jours enfermé dans un caisson.

Le précédent
canadien

«Si la justice militaire estime que les faits sont avérés, les coupables seront mis à la porte des forces armées», a assuré le ministre de la Défense, cité par son porte-parole.

«Il faut savoir s’il s’agit de cas isolés ou s’ils sont liés à une mentalité. Dans cette hypothèse, je crois que je devrais envisager de dissoudre l’unité, comme l’a fait mon collègue canadien», a-t-il ajouté, en référence à un scandale similaire qui a secoué le Canada en 1995.

A l’époque, le ministre de la Défense d’Ottawa, David Collenette, avait dissous le régiment aéroporté canadien engagé en 1993 dans «Restore Hope», après la diffusion de bandes vidéo montrant certains de ses membres tenir des propos racistes et se livrer à des bizutages dégradants.

Quelques mois auparavant, une dizaine d’hommes de cette unité avaient été condamnés à des peines allant jusqu’à cinq ans de prison pour des tortures ayant causé la mort de trois Somaliens.
L’affaire des paras de Tielen n’est pas la première mettant en cause l’attitude des Casques bleus belges en Somalie.

En 1995, une quinzaine d’entre eux avaient déjà été poursuivis pour sadisme sans qu’aucun ne soit reconnu coupable. Dans un autre dossier, un parachutiste flamand avait écopé de cinq ans de prison pour le meurtre d’un Somalien qui menaçait de dénoncer son implication dans un trafic d’armes.

Les récentes révélations du Laatste Nieuws ont soulevé une émotion d’autant plus vive en Belgique que Bruxelles, outre sa mission en cours au Congo, assure depuis mai 1996 le commandement des Casques bleus en Slavonie orientale (Croatie), où les Belges comptent un millier d’hommes.
M. Poncelet a confié jeudi à l’ancien chef de ce contingent, le général Jozef Schoups, promu le mois dernier commandant en chef de l’armée de terre belge, le soin de mener une enquête sur ceux que le quotidien populaire bruxellois a rebaptisé «les paras de la honte».
BRUXELLES, 21 Avril (AFP). — L’armée belge, deux ans après son homologue canadienne, se retrouve éclaboussée par des accusations de sadisme portées contre plusieurs de ses parachutistes engagés en 1993 dans l’opération «Restore Hope» en Somalie.Le ministre belge de la Défense, Jean-Pol Poncelet, a promis de radier de l’armée les responsables et envisage de dissoudre leur unité si les exactions s’avéraient dépasser le cadre d’actes isolés.Deux paras belges ont déjà été interpellés dans le cadre d’une enquête ouverte début avril par la cour militaire de Bruxelles et l’un d’entre eux, soupçonné d’avoir maltraité des enfants somaliens, a été écroué.Selon la presse, une perquisition a aussi été effectuée chez un troisième militaire, actuellement en mission au Congo, où la Belgique a...